À l’occasion de la campagne électorale à Montréal, les deux partis politiques municipaux qui présentent des candidats à tous les postes, Projet Montréal et Équipe Denis Coderre pour Montréal, se targuent d’avoir des équipes diversifiées. Métro les a scrutées pour voir si elles atteignent la parité hommes-femmes et si elles sont représentatives des minorités visibles.

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En septembre, le maire sortant, Denis Coderre, s’était engagé à ce que son équipe comprenne au moins 45% de candidates. Après avoir calculé le nombre de candidatures féminines, on note que leur proportion atteint plutôt 43,6%. Il manque donc deux femmes à Équipe Coderre pour atteindre l’objectif que le maire s’était fixé. «On est en zone paritaire au niveau des femmes», avait nuancé le candidat à la mairie, lors de son lancement de campagne.

«Le prochain comité exécutif sera paritaire, ce sera 50-50», s’est aussi engagé M. Coderre, souhaitant garantir des postes de premier plan à des femmes. Jeudi, il a dit qu’il était trop tôt pour s’avancer sur la nomination d’une femme à la tête du comité exécutif. «On verra, on va commencer par se faire élire et regarder, a affirmé M. Coderre. On veut atteindre la parité. Pour l’atteindre, on a besoin que ces femmes soient élues.» De son équipe de 19 maires d’arrondissement, 8 sont des femmes. Actuellement il n’y a que cinq mairesses à Montréal.

Projet Montréal a indiqué de son côté, au lancement de campagne à la mi-septembre, qu’il avait atteint la parité. «Je suis fière de présenter une équipe paritaire. Seul Projet Montréal a su faire preuve d’audace et est parvenu à briser le plafond de verre», avait alors affirmé sa chef, Valérie Plante.

Sur les 103 candidats de Projet Montréal, il y a 51 femmes. Cela ne dépasse pas le 50%, mais c’est le plus près possible d’une parité absolue. «On n’est pas juste dans la zone. On a aussi la parité dans les postes», a dit jeudi Mme Plante. Son équipe comprend dix femmes et neuf hommes pour les postes de mairie d’arrondissement ainsi que 19 femmes et 19 hommes pour les sièges de conseiller d’arrondissement. Quant aux postes de conseiller de ville, le ratio des candidats est de 22 femmes pour 24 hommes.

Valérie Plante a aussi promis d’instaurer un comité exécutif paritaire et a critiqué le maire sortant pour ne pas l’avoir fait dans son premier mandat.

«À la dernière élection, aucune formation politique ne s’était donné l’engagement d’avoir une parité dans les candidats. Maintenant, tout le monde dit que, comme formation politique, le premier pas est d’aller chercher des candidates pour avoir à sa disposition des femmes pour les placer dans des postes de responsabilités», s’est réjouie la candidate pour Équipe Coderre au poste de conseillère dans Sault-au-Récollet, Lorraine Pagé. Son ancien parti, Vrai changement pour Montréal, compte 8 femmes sur 20 candidats, soit un taux de 40%. Toutefois, il n’y a que 3 candidates parmi les 18 aspirants de Coalition Montréal.

Douze des 103 postes électifs seront assurément occupés par des femmes, en raison de l’absence de candidats masculins. Il y aura donc une mairesse à LaSalle et une dans Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, ainsi qu’au moins quatre conseillères de ville.

De plus en plus visibles
Selon le recensement de 2011, qui contient les dernières données disponibles, la population montréalaise est composée à 30,3% de minorités visibles. «Des gens de tous les milieux  ont décidé de faire partie de cette mosaïque qu’est Équipe Coderre», avait affirmé le maire sortant à son lancement de campagne. Projet Montréal disait pour sa part avoir une équipe «diversifiée».

Force est de constater qu’aucun parti n’est directement représentatif des minorités visibles présentes à Montréal. Avec 23,3 % de minorités visibles parmi son équipe, Valérie Plante fait un peu mieux que Denis Coderre, dont 19,4 % des candidats sont issus des minorités.

«Nous, on ne parle pas de diversité, on la représente. On a nommé le premier président haïtien du conseil municipal [Frantz Benjamin]», a rappelé Denis Coderre, qui ne souhaite pas se fixer d’objectif de représentativité des minorités sur son prochain comité exécutif «avant d’être élu».

Valérie Plante a de son côté indiqué jeudi s’être fixé un objectif «de 40% de candidats issus des diversités», reconnaissant du même souffle que cette cible est assez large. Les personnes issues de l’immigration y sont incluses, de même que celles représentant la diversité sexuelle et celles étant en situation de handicap.

En ce moment, seul cinq élus municipaux, tous dans l’Équipe Coderre, sont issus de minorités visibles, soit Harout Chitilian, Alan DeSousa, Frantz Benjamin, Nathalie Pierre-Antoine et Monica Ricourt. La prochaine administration comptera au moins quatre élus des minorités visibles, car quatre courses opposent seulement des candidats en faisant partie.

  • Mairie de Saint-Laurent : Alan DeSousa (Équipe Coderre), Nora Chénier Jones (Projet Montréal)
  • Conseiller de ville du district Saint-Michel : Frantz Benjamin (Équipe Coderre), Rana Alrabi (Projet Montréal)
  • Conseiller d’arrondissement du district de Rivière-des-Prairies : Nathalie Pierre-Antoine (Équipe Coderre), Jean Eddie Jr. Désiré (Projet Montréal)
  • Conseiller d’arrondissement du district Ovide-Clermont (Montréal-Nord) : Renée Chantal Belinga (Équipe Coderre), Stéphanie Casimir (Projet Montréal)

Méthodologie
Nous avons privilégié le terme «minorité visible» afin de pouvoir comparer nos données à celles de Statistique Canada. L’organisme fédéral définit le terme ainsi : «Il s’agit de personnes, autres que les Autochtones, qui ne sont pas de race blanche ou qui n’ont pas la peau blanche.» Il s’agit de Chinois, de Sud-Asiatiques, de Noirs, de Philippins, de Latino-Américains, d’Asiatiques du Sud-Est, d’Arabes, d’Asiatiques occidentaux, de Japonais, de Coréens et d’autres minorités visibles et de minorités visibles multiples». Notons que des membres des communautés juive, grecque, portugaise et italienne sont dans chaque parti, mais ne cadrent pas avec la définition de Statistique Canada.

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