Josie Desmarais/Métro «Ici, il y a des gens qui peuvent me comprendre parce qu’ils ont mon âge», raconte Nicolas, 13 ans, qui se rend toutes les semaines dans une maison de jeunes du Plateau.

Pourquoi fréquenter une maison de jeunes, dans la métropole, en 2017? Parce qu’encore rien ne bat le contact humain avec d’autres personnes de son âge, de surcroît dans un endroit hors des cadres que sont la maison et l’école.

Dans le cadre de la 20e semaine des maisons de jeunes, les 15 maisons de Montréal et de Laval offrent une activité portes ouvertes jeudi.

L’animateur-intervenant à l’Imagerie, sur le Plateau Mont-Royal, Maxime Garneau, croit qu’il s’agit d’une bonne occasion de voir ce que c’est réellement, soit ni l’image véhiculée par Watatatow ni un repère pour de la vente de drogue. «On veut former des citoyens critiques, responsables, et on leur montre comment être autonomes en société, affirme M. Garneau. On leur dit toujours: “C’est un endroit par vous, pour vous.”» Ainsi, ce sont les membres du Conseil des jeunes qui choisissent la programmation, un groupe dont l’intervenant faisait partie, dans la maison du village où il a grandi, dans le Centre-du-Québec.

Au menu, donc, jeux de rôles, improvisation, rallyes-photos et même souper électoral où les jeunes incarnent les différents partis et doivent parler de leur plateforme. «Juste relaxer, s’asseoir, ce n’est pas rien, dit Maxime Garneau. Ils vont parler avec les intervenants de certains sujets qui peuvent mener à de la formation.» Sur les murs, on peut d’ailleurs lire des affiches informatives sur la puberté, les drogues ou le consentement.

«À la maison, je n’ai souvent pas grand-chose à faire et j’ai trois petits frères et une petite sœur. Ici, il y a des gens qui peuvent me comprendre parce qu’ils ont mon âge», raconte Nicolas, 13 ans, qui vient au moins une fois par semaine depuis quelques mois. Même s’il était «nerveux» au départ parce qu’il y avait beaucoup de jeunes plus vieux, l’adolescent dit «être à l’aise» aujourd’hui à cet endroit. Selon Maxime Garneau, qui travaille depuis 8 ans dans une maison de jeunes, il y a de tout parmi les 12 à 17 ans. Certains viennent tous les jours et pendant plusieurs années, d’autres plus sporadiquement.

«C’est un endroit où on peut juste être nous-mêmes, avec des gens qui nous comprennent. On peut parler de n’importe quoi, il n’y a pas de jugement.» –Florence, 14 ans

C’est d’ailleurs parce que son grand frère y allait régulièrement que Florence a été «initiée» à cet univers. «Il passait la plupart du temps là-bas, il m’invitait toujours à venir avec lui et ses amis», relate l’adolescente, qui incite ses amis à aller à la maison de jeunes. Celle qui fait partie de l’équipe d’improvisation locale croit qu’elle pourrait s’ennuyer de ce cercle social après ses 17 ans. «C’est sûr que je vais m’ennuyer d’un milieu où je peux rencontrer plein de gens. Il y a des liens forts qui se développent», dit-elle, ajoutant que c’est même différent d’un cercle d’amis.

Le contact humain
Malgré tous les moyens technologiques qui permettent aux jeunes de communiquer en permanence, Maxime Garneau rapporte qu »ils ressentent le besoin de se retrouver «en personne». «On travaille à briser l’impression que les gens ont qu’ils peuvent communiquer sans sortir de chez eux, souligne-t-il. Quand les jeunes traversent la porte d’une maison de jeunes, ils se rendent compte qu’être face à face fait du bien et permet de se comprendre. Ça brise l’isolement aussi.» Pour sa part, il considère qu’un des grands avantages de ce genre de lieu et qu’il incite «à approcher des gens qui ne sont pas dans ta gang d’amis».

Un point de vue que partage Florence. «Quand tu textes quelqu’un, tu ne vois pas ses sentiments ou comment il réagit, illustre-t-elle. Il y a un sentiment d’écoute qui est plus présent quand tu parles à une personne en vrai.»

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