Près de 2000 hectares de terres agricoles sont menacés sur le territoire du Grand Montréal, ont dénoncé jeudi l’Union des producteurs agricole (UPA) et des organismes environnementaux.

Équiterre, la Fondation David Suzuki et Vivre en ville sont au nombre des organismes qui ont mis en garde la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) et le gouvernement du Québec contre la disparition progressive des terres agricoles autour de Montréal. Selon eux, les terres agricoles menacées pourraient changer de vocation et accueillir des logements ou des entreprises, même si la région de Montréal dispose pourtant d’assez d’espaces pour accueillir 350 000 nouveaux ménages au cours des 15 prochaines années.

«On veut dénoncer une certaine hypocrisie d’une partie de notre classe politique, autant au municipal qu’au provincial, qui dit vouloir lutter contre les changements climatiques, a déclaré le directeur d’Équiterre, Steven Guilbeault. Pendant ce temps-là, on dézone, on propose des projets qui vont favoriser l’étalement urbain, qui vont augmenter les émissions de gaz à effet de serre. Je pense que la récréation est finie, ça va faire le niaisage.»

Pour le directeur général de Vivre en ville, Christian Savard, le gouvernement utilise le projet de loi 85, qui préconise l’installation de deux pôles logistiques et d’un corridor de développement économique autour de l’autoroute 30, pour favoriser le dézonage et contourner les règlementations en cours. «Le gouvernement envoie le message qu’il va toujours y avoir des exceptions et on ne donnera pas le message aux villes qu’il faut commencer à faire autrement et que le temps de l’étalement urbain est terminé. Il va falloir du leadership », a-t-il affirmé, souhaitant profiter de cette période électorale pour interpeller les élus.

L’UPA estime que ce projet de loi 185 permettra de supprimer 1000 hectares de terres agricoles sur la Rive-Sud, le long de l’autoroute 30.

«[Près de] 1000 hectares c’est considérable, c’est l’équivalent de 2000 terrains de football », a estimée pour sa part la coordonnatrice à l’aménagement du territoire métropolitain de la CMM, Suzy Peate. Sans confirmer les chiffres avancées par l’UPA, elle a expliqué que la CMM est en mesure de garantir la protection des terres agricoles, mais le projet de loi 85 a préséance sur la règlementation métropolitaine.

Au total, le territoire de la CMM compte 221 840 hectares protégés, dont 71% sont occupés par des entreprises agricoles. Mirabel est la municipalité régionale de comté (MRC) qui le plus de terres agricoles menacées, soit 250 hectares. Elle est suivie de près par la MRC de Marguerite D’Youville, qui représente la Montérégie, avec 180 hectares qui pourraient changer de vocation.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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