Josie Desmarais/Métro À certains endroits, un panneau avertit qu’il est illégal d’afficher sur le mobilier urbain, mais la Ville a été rabrouée dans ce dossier en 2010.

Le fondateur d’Indie Montréal, Jon Weisz, en a assez du «harcèlement» dont est victime la communauté artistique montréalaise par des employés de la Ville. Il relate que ceux-ci empêchent l’affichage sur le mobilier urbain, ce qui va à l’encontre d’un jugement de la Cour supérieure émis en 2010.

«Quand notre équipe colle des annonces, des travailleurs de la Ville l’interpellent constamment. On voit plusieurs fois par jour l’équipe de maintien des lieux publics qui, en nettoyant la rue, enlève les affiches aussi», raconte-t-il, ajoutant que plusieurs autres artistes «vivent des situations similaires». Pourtant, un jugement rendu en 2010 indique clairement que le règlement de la Ville qui interdisait l’affichage sur le mobilier urbain ne pouvait être appliqué.

Jon Weisz est exaspéré que le dossier «traîne» depuis sept ans. «Ils sont complètement fermés à notre argumentaire selon lequel c’est légal en raison du jugement en cour, déplore-t-il. Un employé nous a déjà répondu que dans sa formation, on lui avait dit que c’était illégal de coller des affiches sur les poteaux.»

«Ils dépensent beaucoup d’argent avec leur équipe, mais il n’y a pas de revenu à percevoir. À chaque fois que j’ai un constat [d’infraction], j’envoie la lettre de non-culpabilité. Je n’ai jamais eu de retour; l’amende a juste disparu.» – Jon Weisz, fondateur d’Indie Montréal, qui relate avoir reçu des constats qui «ne citent aucun règlement».

La Ville plaide de son côté qu’en vertu des «règlements municipaux en matière de propreté sur le domaine public […], les employés de la Ville peuvent retirer des affiches afin de préserver la propreté». Le propriétaire du bar La Casa Del Popolo, Mauro Pezzente, a déposé en avril dernier une requête en cour contre la Ville, plaidant que ces règlements ont le même effet que celui qui a été répudié par la cour en 2010.

M. Weisz propose d’avoir des lieux d’affichage «divisés en deux avec une partie où n’importe qui pourrait poser des affiches ou des annonces et une autre partie qui serait recouverte de verre ou de plastique et louée par la Ville à des gens qui ont des moyens pour faire de la publicité». «C’est pour que le maintien des lieux s’autofinance», dit-il.

Même s’il affirme que l’arrondissement a «multiplié les babillards publics», le candidat au poste de conseiller de ville du district Jeanne-Mance, Alex Norris, reconnaît que la Ville «n’en a pas assez fait» depuis 2010. «Je vois la possibilité d’un compromis si on amendait le règlement pour permettre l’affichage, à condition qu’on enlève les affiches après les événements. Ça me semble acceptable», avance-t-il. L’élu sortant a assuré à Métro qu’il va pousser cette idée auprès de ses collègues de Projet Montréal, se disant sensible à la liberté d’expression des artistes émergents.

Le candidat à la mairie du Plateau–Mont-Royal, Zach Mcklovitch, se dit aussi sensible au dossier, ayant déjà travaillé comme promoteur d’événements. «Les posters vont être mis avec ou sans règlement, mais il faut trouver une solution qui va marcher pour tout le monde», a-t-il affirmé.

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