Montage Métro Valérie Plante et Denis Coderre

Chaque semaine, Métro revient sur les faits marquants de la course à la mairie de Montréal, qui se conclura dimanche. Ces derniers jours ont été marqués par de nombreuses attaques, notamment sur la Formule E et à propos de la publication d’un sondage qui laisse entrevoir une élection extrêmement serrée.

Remontée de Valérie Plante
En retard de 14 points en juin, puis de cinq points à la fin du mois de septembre, la chef de Projet Montréal, Valérie Plante, a effectué une impressionnante remontée dans les sondages. En fort manque de notoriété il y a quelques mois, la candidate a multiplié les apparitions médiatiques et les promesses, au point d’être au coude à coude avec Denis Coderre, qui vit sa 11e campagne électorale, puis de légèrement le dépasser selon un coup de sonde CROP-Radio-Canada publié lundi. Selon celui-ci, Mme Plante a obtenu 39% des intentions de vote, contre 37% pour le maire sortant. À noter néanmoins que Denis Coderre est resté en tête auprès des personnes qui ont déjà voté en 2013 (45% contre 42%). Les indécis étaient toujours nombreux puisque 17% des personnes interrogées ne savaient pas encore pour qui voter.

Denis Coderre plus calme
Après la publication de ce sondage, qui indiquait également que Denis Coderre était vu comme «arrogant» par 55% des sondés (17% pour Valérie Plante), l’intéressé a opté pour un net changement de ton durant ces derniers jours de campagne. Réfutant ce terme, l’ancien député, plus calme, a certifié que c’était «de la détermination». Il a par ailleurs répété cet argument dans différents clips publicitaires diffusés récemment. Dans les médias ou lors de ses ultimes conférences de presse, le maire sortant n’a jamais haussé le ton, gardant une humeur tempérée et restant en totale maitrise de lui-même.

Attaques de front
Les échanges ont été la plupart du temps très respectueux pendant la campagne électorale, mais la fin de celle-ci prend une tournure de plus en plus houleuse. Si Denis Coderre a opté pour un ton plus calme, son équipe, peu en vue durant toute la campagne, est montée au front pour défendre leur chef et attaquer le parti adverse. Jeudi, Russell Copeman, l’un des piliers d’Équipe Coderre, a évoqué une «déroute [financière] possible» en cas de victoire de Projet Montréal. Ex-chef de cette formation politique avant de rejoindre Denis Coderre, Richard Bergeron a qualifié Projet Montréal de parti «d’extrême gauche» et «radical» depuis l’arrivée de Valérie Plante. Arrivé lui-aussi de Projet Montréal, Marc-André Gadoury a quant à lui assuré que Luc Ferrandez et François W. Croteau, maires du Plateau–Mont-Royal et de Rosemont–La Petite-Patrie, sont «condescendants» et «méprisants». Projet Montréal a répliqué en disant qu’Équipe Coderre tentait «de faire peur aux Montréalais».

Bisbilles entre les deux candidats
Vendredi matin, auprès de Radio-Canada, Denis Coderre a reconnu que cette fin de campagne était «chaotique». La veille, Valérie Plante avait soutenu que son adversaire était désormais «en mode panique» en tentant de discréditer sa candidature. Cette dernière a également haussé le ton mercredi contre Denis Coderre, qui disait récemment craindre «une administration Ferrandez-Plante». «Il ne disait pas une administration Plante-Ferrandez mais Ferrandez-Plante. Je tiens à le mentionner, avait scandé la conseillère de Ville-Marie. En 2017, les commentaires de mononcle, ça suffit. Ça insinue qu’une femme ne peut pas diriger la Ville, qu’il doit y avoir un homme en avant d’elle qui la contrôle. C’est tout à fait inacceptable.» Le lendemain, Denis Coderre a rejeté ces attaques, en demandant une nouvelle fois pourquoi Luc Ferrandez n’apparaissait pas aux côtés de la chef de Projet Montréal durant cette campagne.

Les numéros 2 annoncés
Dès le 16 novembre – et non le 6 -, date officielle de l’assermentation des élus, il y aura selon toute vraisemblance à Montréal une administration Coderre-Chitilian ou Plante-Dorais. Mercredi, les deux principaux candidats à la mairie ont dévoilé leur futur bras droit, chargé de diriger le névralgique comité exécutif, dont la mission est notamment d’octroyer d’importants contrats. Après le départ à la retraite de Pierre Desrochers, qui a accompli cette tâche durant son premier mandant, le maire sortant a décidé de miser sur l’ingénieur de formation, Harout Chitilian, également candidat au poste de maire d’Ahuntsic-Cartierville. Ce dernier a été élu en 2009 avec Union Montréal avant de présider le conseil municipal entre 2011 et 2013, année où il a décidé de rejoindre Équipe Coderre. Celui-ci lui a ensuite confié, notamment, le dossier de la Ville intelligente. Denis Coderre a également assuré qu’il créerait un poste de vice-maire, qui pourrait être confié à Russell Copeman. Si les trois plus hauts postes de son administration seraient réservés à des hommes, le maire sortant a promis de désigner deux femmes comme vice-présidentes du comité exécutif.

Valérie Plante a quant à elle opté pour Benoit Dorais, le maire du Sud-Ouest depuis 2009. Ancien chef intérimaire de Coalition Montréal, ce dernier avait longtemps été sollicité par Denis Coderre, avant de rejoindre finalement Projet Montréal en juin. Comme Harout Chitilian, Benois Dorais ne manque pas d’expérience. Entre 2012 et 2013, l’intéressé avait agi comme vice-président du comité exécutif, avant de diriger notamment la Commission sur le développement social et la diversité montréalaise ces dernières années. Valérie Plante a également promis d’accueillir des élus de l’opposition dans ce comité exécutif.

La course aux appuis
La semaine a été particulièrement intense pour ce qui est de la courses aux appuis aux principaux candidats. Alors que la religieuse et cuisinière Sœur Angèle a réalisé une vidéo pour soutenir Denis Coderre, le parti de ce dernier a tenu à faire connaître l’ensemble des partisans du maire sortant. Si le Dr Julien ou encore l’ex-ministre des Finances Raymond Bachant ont eux aussi tourné récemment un clip en faveur de Denis Coderre, Valérie Plante a pu compter sur l’appui du célèbre chef du Joe Beef, David McMillan, mais également sur celui du comédien Emmanuel Bilodeau.

Formule E
D’une manière surprenante, la Formule E est revenue au cœur de cette fin de campagne électorale. Alors que le maire sortant, Denis Coderre, avait indiqué au cours des derniers mois que les chiffres sur la vente de billets seraient dévoilés après les élections, ce dernier, pressé de questions, avait finalement enjoint evenko, la firme chargée de la billetterie, de les rendre publics. Le promoteur evenko, prestataire de l’événement qui s’est tenu au centre-ville cet été, a renvoyé la balle à l’organisme en charge de cette organisation, Montréal c’est électrique, qui a finalement publié l’information mercredi dans un communiqué.

On y apprend que 20 000 billets ont été offerts et que 25 000 ont été vendus. Cependant, aucune précision sur la vente au grand public n’a été faite puisque ce dernier chiffre comprend les ententes commerciales. TVA Nouvelles a avancé le chiffre de 5 000 billets vendus uniquement en billetterie. Denis Coderre a réfuté ce chiffre, avant d’émettre des regrets sur la communication autour de ces ventes. «On l’a échappé. On aurait dû le dire vite», a-t-il commenté, tout en maintenant que cet évènement restait un succès.

De son côté, Valérie Plante n’a pas été satisfaite par ces explications. «Depuis le début, il sait les chiffres mais il n’a pas voulu les dire, a-t-elle mentionné. Denis Coderre nous a caché ce nombre de billets depuis des mois, mais y a-t-il autre chose qu’il nous cache? Quel est le bilan financier?»
Alors que MCE a reçu une marge de crédit de 10M$ de la part de la Ville de Montréal, ni MCE, ni le maire sortant n’ont voulu apporter, pour le moment, des précisions sur son utilisation.

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