Sans chef, les élus qui forment Équipe Denis Coderre pour Montréal doivent se réorganiser pour offrir une opposition à la nouvelle administration dirigée par Valérie Plante. Au lendemain de la lourde défaite de leur formation politique, les incertitudes sont nombreuses.

À l’instar de Denis Coderre, largement battu par la chef de Projet Montréal, plusieurs gros noms ont été emportés par la vague qui a permis à Projet Montréal de s’emparer du pouvoir à l’hôtel de ville. Vice-présidents du comité exécutif, Anie Samson et Harout Chitilian, ne pourront pas prendre la relève de leur chef démissionnaire puisqu’ils n’ont pas été réélus, tout comme Russell Copeman, le maire sortant de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, qui était déjà pressenti pour devenir le «vice-maire», ou Réal Ménard, qui a mordu la poussière à la mairie de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve après deux mandats. Pierre Desrochers, le président sortant du comité exécutif, avait quant à lui décidé de quitter la vie politique juste avant le déclenchement de la campagne électorale.

Qui reste-t-il? Le nom de la mairesse de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, Chantal Rouleau ou encore celui du maire de Verdun, Jean-François Parenteau, est présentement évoqué pour diriger la nouvelle opposition.

«Je n’en ai aucune idée et à ce jour, mon arrondissement est ma priorité», a assuré Chantal Rouleau à Métro. Indiquant que «les cendres sont encore chaudes», la responsable du dossier de l’eau au sein de l’administration Coderre, a mentionné qu’une rencontre allait être organisée dans les prochains jours avec les élus restants. Un point de presse est d’ailleurs prévu ce mercredi.

Métro a tenter de sonder les intentions de M. Parenteau, mais au moment de mettre en ligne, il n’avait pas répondu.

«Il va falloir travailler sur la cohésion», a quant à lui admis Frantz Benjamin, président du conseil municipal sous l’ère Coderre, qui a réussi à conserver son siège.

Élu comme conseiller de Saint-Michel, dans un arrondissement qui a basculé vers Projet Montréal, M. Benjamin reconnaît avoir eu un choc, dimanche soir. «Ça va nous prendre quelques jours pour analyser ces résultats, mais on devra travailler sur le développement économique de Montréal, faire de la politique de proximité et être à l’écoute des citoyens», a-t-il ajouté.

«Le départ de Denis Coderre a créé un certain flou.» – Chantal Rouleau, mairesse de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles

Le maire de Saint-Laurent, Alan DeSousa, qui a été réélu sans peine, prenait la chose avec philosophie. «Je suis un homme optimiste et résilient. Il faut regarder vers l’avenir», a dit celui qui n’a pas voulu se prononcer sur l’avenir d’Équipe Coderre mais qui reconnaît l’importance des partis politiques municipaux.

En l’absence de son chef-fondateur, Équipe Coderre devrait au minimum changer de nom. Mais le parti pourrait s’accorder un temps de réflexion. «On respecte la décision du maire sortant, a repris M. Benjamin. Mais on fait partie d’une équipe, on a tissé des liens et on verra pour les prochaines orientations. Il faudra en discuter avec les élus, mais aussi avec les membres du parti.»

L’idée de créer un parti n’est pas écartée. «Au-delà du nom, il y a aussi la ligne, la vision, la couleur du parti. Il y a des réflexions à mener», a observé la mairesse de Montréal-Nord, Christine Black, épargnée dans la chute de son chef.

Alors que Valérie Plante a promis d’ouvrir les portes de son comité exécutif aux élus de l’opposition, M. Benjamin ne ferme aucune porte. Pourrait-il siéger aux côtés de Projet Montréal? «Je n’ai jamais été un homme de fermeture, mais un homme d’ouverture, avec des principes et des valeurs, a-t-il expliqué, précisant qu’il verra «en temps et lieu». J’ai appris à travailler avec une ligne de parti, mais je veux travailler pour l’intérêt de tous les citoyens.»

M. DeSousa s’est dit ouvert à collaborer avec l’administration de Valérie Plante «dans la mesure où [il] considère que les décisions qui sont prises sont dans l’intérêt du bien commun». Il s’attend à ce que la dynamique politique change à l’hôtel de ville.

Trouver un «sauveur»
Au lendemain de la défaite d’Équipe Coderre, la professeure de l’Université du Québec à Montréal et observatrice aguerri des affaires municipales, Danielle Pilette, croit que les élus qui en sont membres se donneront un chef intérimaire, le temps de trouver «un sauveur».

  • «[Avant], il y aura des règlements de compte à l’intérieur de la formation, a-t-elle dit. Quand on tombe d’aussi haut, on cherche toujours des coupables.»
  • D’après Mme Pilette, le «sauveur» que chercheront les élus proviendra de l’extérieur et aura un style très différent de celui de Valérie Plante.
  • «Le temps joue pour eux s’ils veulent se réorganiser et si les règlements de compte n’ont pas été trop pénibles, a-t-elle expliqué. Ils vont voir comment se comporte la mairesse et ses faiblesses. Et ils pourront intéresser quelqu’un contraire à elle. Il n’y a rien qui est urgent pour l’instant pour eux.»
  • Certains des élus d’Équipe Coderre pourrait être tentés de rejoindre Projet Montréal. Danielle Pilette s’attend à ce que la formation politique au pouvoir soit «très sélective» dans le recrutement de de nouveaux élus et qu’elle ne se pressera pas.

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