Fort du succès de leur livre, qui répertorie les 100 meilleurs textes du magazine l’Itinéraire depuis 25 ans, les camelots du bimensuel sont parvenus à obtenir un stand gratuit au Salon du livre de Montréal.

«On n’est pas dans la liste des exposants, mais on va avoir un espace à nous, grâce à Stéphane Rivard, de l’Association des libraires du Québec. Les camelots capotent», raconte au bout du fil, Charles-Éric Lavery, chef du développement social à l’Itinéraire. «Pour eux ça fait partie de leur démarche d’apprentissage et d’insertion que de se retrouver avec des auteurs reconnus», ajoute-t-il.

Lancé en mai, l’ouvrage intitulé Sentinelles s’est déjà écoulé à près de 2100 exemplaires. Il est vendu de la même façon que le magazine l’Itinéraire, c’est-à-dire, que la moitié du prix de vente (20$) revient aux camelots qui le vendent dans la rue.

Fait intéressant: si un comité a sélectionné les 100 meilleurs textes publiés depuis 25 ans dans l’Itinéraire, la majorité de ceux qui ont été retenus ont été écrit il y a moins de 3 ans. «C’est à cette époque qu’on a embauché une personne chargée uniquement de donner des formations de journalisme aux camelots et d’encadrer leur travail, alors ça se ressent sur le résultat», indique M. Lavery.

Il souligne que depuis lors, 50% du contenu rédactionnel est rédigé par les camelots – contre environ 15% avant –, ce qui fait de l’Itinéraire un cas unique dans le monde des magazines en mettant en valeur les personnes itinérantes.

Si le contenu des chroniques incluses dans le livre Sentinelles permet de suivre le rétablissement de certains camelots, il permet toutefois de se rendre compte qu’en 25 ans, les préjugés sur l’itinérance et la santé mentale sont toujours bel et bien ancrés dans la population. «Encore beaucoup de camelots notent dans leurs textes qu’ils se font dire d’aller se chercher une job», rapporte Charles-Éric Lavery.

Le Salon du livre de Montréal se tient du 15 au 20 novembre à la Place Bonaventure. Les camelots seront au pavillon de la Maison des libraires et au pavillon de l’histoire avec la Librairie de Verdun.

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