Josie Desmarais Jean-Sébastien Cournoyer, de Real Venture

S’il y a bien quelqu’un qui ne sera pas déçu si Montréal n’héberge pas le futur siège d’Amazon, c’est bien Jean-Sébastien Cournoyer, cofondateur de Real Ventures, un fonds d’investissement qui, pour ses 10 ans, annonce ce matin une nouvelle enveloppe de 180M$. Métro s’est entretenu avec lui sur l’écosystème montréalais des startups.

Pouvez-vous résumer 10 années de réalisations?
Au départ de Real Ventures, on était trois anges investisseurs, mais on se voyait plus comme des bâtisseurs d’écosystèmes. Il y a dix ans à Montréal, on avait réalisé qu’il manquait des morceaux pour favoriser la création et l’accompagnement des entreprises technologiques du futur. Le premier fonds qu’on a lancé en 2007 était doté de 5M$, dont 2M$ provenaient d’aides du gouvernement. Il a permis de lancer des évènements pour créer une communauté technologique à Montréal. On a aussi financé une quinzaine de startups, dont Beyond the Rack, qui ont stimulé le reste de la communauté. En 2010, on a lancé un deuxième fonds de 50M$ qui a notamment permis d’acquérir et de rénover la Maison Notman et d’y créer l’accélérateur FounderFuel, qui héberge chaque année, durant 3 mois, une vingtaine de startups qu’on entoure de mentors.

Comment mesurez-vous le succès de votre travail?
Ça se mesure à la capacité [d’amasser] des fonds. Avec le quatrième fonds d’investissement de 180M$ qu’on annonce, on totalisera plus de 300M$ d’investissements au Québec et au Canada. Et dans cette somme, il n’y a plus d’aides directes de l’État. On y trouve Investissement Québec, la Banque du Canada et la Caisse de dépôt, mais aussi des investisseurs privés, tels que Tencent (Chine) et Temasec (Singapour). Grâce à cela, on a aidé des entreprises, telles que Frank And Oak, Busbud, Lander ou Transit, qui totalisent plusieurs milliers d’emplois et qui ont rapporté des rendements meilleurs que la Bourse [multiplier le capital par 3 en 10 ans]. Et surtout, ça a démontré aux jeunes entrepreneurs qu’ils n’avaient plus besoin de quitter Montréal pour bâtir une entreprise de calibre mondial.

Qu’envisagez-vous pour le futur à Montréal et au Canada?
Dans dix ans, on aura plusieurs entreprises de technologies qui seront les nouveaux Bombardier et CGI. Elles auront été fondées à Montréal, Québec ou Sherbrooke quelques années plus tôt. Elles emploieront des milliers de personnes dans des secteurs où le Québec fait bonne figure, tels que l’intelligence artificielle ou le système des blockchain, le système de base de données qui intéresse les banques. À Montréal, toutes les pièces sont là, il suffit juste que les entrepreneurs acquièrent un peu plus d’expérience. Il faut aussi que les gouvernements comprennent que le développement économique ne passe plus par la création d’emplois, mais plutôt par la création de valeur. Et ça se fait en aidant des entreprises d’ici plutôt qu’en ouvrant leurs bras à Google, Amazon ou Facebook, des entreprises qui n’ont pas besoin d’aide.

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