Après quatre mois de rénovations, le refuge pour femmes en difficulté chez Doris a repris ses activités normales ce week-end.

L’organisme a pignon sur rue dans Shaughnessy Village, au sein d’un immeuble de 1900 qui avait grandement besoin d’une remise à neuf. Un mur extérieur était notamment sur le point de s’effondrer et toutes les finitions intérieures ont dû être réparées.

«La fondation était instable et beaucoup d’eau coulait entre les murs. Si on avait attendu un autre hiver pour effectuer les réparations, l’immeuble aurait été compromis», a laissé savoir Marina Boulos-Winton, directrice de l’organisme qui œuvre au centre-ville de Montréal depuis 40 ans.

Pour célébrer le retour à la normale, le public était invité samedi à visiter les lieux lors d’une journée portes ouvertes. Les clientes de Chez Doris les accueillaient avec leurs propres créations, dont des cartes de vœux, des mitaines et des écharpes, des bijoux ainsi que de l’artisanat autochtone.

Durant les rénovations, qui se sont échelonnées du 7 août au 30 novembre, le centre a été forcé de fermer complètement ses portes pour une dizaine de journées en raison du bruit ou du manque d’électricité.

L’organisme a aussi dû suspendre quelques-uns de ses services et louer des locaux dans un immeuble à proximité.

Chez Doris est le seul centre de jour pour femmes en difficulté ouvert sept jours sur sept à Montréal. Il accueille quotidiennement plus de 100 femmes.

«Environ 30 % de notre clientèle est sans abri en ce moment et 50 % ont déjà vécu l’itinérance. Mais toutes vivent sous le seuil de pauvreté et sont donc à risque de tomber dans l’itinérance», soutient M. Boulos-Winton.

Chez Doris offre plus de 30 000 repas par année, du suivi médical et psychologique, une salle de répit, des vêtements et des produits d’hygiène. Son service de gestion financière aide également 115 femmes à gérer leurs ressources monétaires.

L’organisme est particulièrement actif auprès des femmes autochtones, notamment chez les Inuit. Son programme de placement de femmes autochtones dans des appartements privés a permis à 39 femmes et 25 enfants de trouver un toit depuis 2015. Des repas traditionnels sont aussi cuisinés sur une base hebdomadaire.

«Les Inuit sont le peuple le plus représenté chez les Autochtones en situation d’itinérance. Ce sont les derniers à avoir été colonisés par les Blancs. Ils ont non seulement perdu leur moyen de subsistance, mais aussi leur culture, a observé Mme Boutros-Winton. Comme il y a de gros problèmes d’hébergement dans le Nord et une population en croissance, ils tentent leur chance dans un milieu urbain, mais ils ne sont pas habitués. Ils n’ont pas l’éducation nécessaire et ne peuvent pas trouver du travail. La plupart ne parlent pas français et ne sont pas bien équipés pour vivre ici.»

Comme dans beaucoup d’organismes du genre, les besoins sont nombreux, mais les ressources disponibles sont limitées.

«Il y a beaucoup de bons services [pour les femmes itinérantes à Montréal], mais il y a aussi un manque de lits d’urgence. On compte 740 lits pour les hommes, mais à peu près 110 pour les femmes», a déploré Mme Boulos-Winton, qui s’inquiète également du manque de logements sociaux et d’appartements supervisés dans la métropole.

Chez Doris est toujours à la recherche de dons en argent ou en bien, notamment des serviettes, du shampoing, des bottes d’hiver et des denrées non périssables.

Aussi dans Montréal :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!