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Avec la nouvelle mairesse de Montréal, Valérie Plante, résolument écologiste, les journalistes en environnement ne devraient pas chômer en 2018. Voici quelques dossiers que Métro suivra assurément.

Agrile du frêne
La lutte contre cet insecte exotique ravageur a coûté environ 21M$ à la Ville de Montréal en 2017. Ce montant couvre le traitement au biopesticide des arbres de rue, l’abattage de milliers de frênes trop malades et le reboisement. En ce début d’année, 3900 frênes doivent être abattus sur le mont Royal, faute d’intervention dans les grands parcs depuis la découverte de l’agrile à Montréal en 2011. Le montant que consacrera l’administration Plante  à l’agrile du frêne donnera une idée de l’ampleur accordée au problème, notamment pour les grands parcs qui ont été jusqu’ici oubliés.

Eau
Depuis plus de dix ans, la Ville de Montréal planche sur un projet d’ozonation des eaux usées pour éliminer 95% des bactéries, ainsi que la majorité des virus et des résidus pharmaceutiques qui polluent le fleuve Saint-Laurent jusqu’à Sorel, 40 km plus loin. Les coûts du projet atteignent désormais 350M$, soit 41M$ de plus qu’en 2005. «C’est un projet complexe, mais ça fera une grosse différence dans les eaux du fleuve», indique Sylvain Ouellet, le nouvel élu responsable de l’eau à la Ville. L’ouverture d’une unité d’ozonation est normalement prévue pour la fin de l’année 2018. Greenpeace Canada compte aussi avoir à l’œil les pipelines. L’organisation demande un débat public afin que soient dévoilées les menaces qui planant actuellement sur l’eau potable des Montréalais avec les projets d’oléoduc 9B d’Enbridge et Trans-Nord actuellement en opération.

«Le dossier des pesticides en milieu urbain devrait revenir sur la table. Une interdiction totale en 2018 est nécessaire pour assurer la santé des Montréalais.» –Sidney Ribaux, directeur général d’Équiterre.

Qualité de l’air
Lors de la Conférence de Chicago sur le climat, la mairesse Valérie Plante a indiqué que Montréal réviserait à la hausse ses objectifs de réduction des gaz d’émissions à effet de serre (GES) (-35% d’ici 2020). «On présentera bientôt un plan de réduction des GES qui touche différents aspects», indique Jean-François Parenteau, l’élu responsable de l’environnement à la Ville. Le plan touchera notamment l’automobile et le chauffage au bois. Les pizzérias et les fabricants de bagels qui peuvent encore utiliser des fours à bois devront aussi faire leur part, selon M. Parenteau.

Patrick Bonin de Greenpeace Canada espère quant à lui que le Québec, à commencer par Montréal, devrait se doter d’un programme d’inspection des vieux véhicules. Il aimerait aussi que la mairesse avance une date butoir pour bannir les véhicules ayant des moteurs à combustion du territoire de Montréal. «Il y a aussi les enjeux de la pollution des industries pétrochimiques dans l’Est, ainsi que celui de la réduction de la quantité et de la nocivité des abrasifs utilisés chaque hiver», a avisé M. Bonin.

Déchets compostables
La livraison des bacs bruns pour collecter des résidus de table compostables atteint désormais 76% des 536 000 édifices de moins de neuf logements. Reste à voir si les ménages y participent réellement. Actuellement, le contenu des bacs bruns est envoyé dans des sites de compostage à plusieurs dizaines de kilomètres de Montréal. Pour répondre à l’échéance gouvernementale de 2020, la Ville a lancé en 2017 trois appels d’offres pour la conception, la construction et l’opération de deux centres de compostage et un centre de biométhanisation. «Il est toujours planifié que les centres de traitement des matières organiques, prévus dans la première phase, soient en activité en 2020», précise Anik de Repentigny, porte-parole de la Ville de Montréal.

Milieux naturels
Il manque 2000 hectares à Montréal (46 fois le Jardin botanique) pour passer de 6% à 10% des espaces protégés sur l’île et respecter la nouvelle cible fixée en 2015. «L’avenir d’au moins deux espaces est en jeu dans les prochains mois: le secteur de Pierrefonds-Ouest et le Golf métropolitain d’Anjou», souligne Emmanuel Rhondia, du CRE-MTL. Dans le premier cas, un promoteur veut construire 5500 logements sur 185 hectares d’anciennes terres agricoles de l’Ouest-de-l’Île. Dans le second cas, l’ancien golf pourrait changer de vocation et des industries pourraient s’y installer. Les écologistes aimeraient plutôt récupérer le golf pour le joindre au boisé adjacent fermé au public et créer ainsi le grand parc de l’Est. Christian Savard, de l’organisme Vivre en ville, croit pour sa part que la mairesse Plante, qui est aussi la présidente de la Communauté métropolitaine de Montréal, «devra faire preuve de leadership et collaborer avec les 81 autres municipalités afin de protéger intégralement les milieux naturels et agricoles».

Autres dossiers à suivre

  • La dalle-parc pour piétons et cyclistes sera-t-elle réintégrée au projet Turcot?
  • La nouvelle plage de l’Est sera-t-elle baignable? Et le projet de bain portuaire ira-t-il de l’avant?
  • Autorisera-t-on un premier «water square» pour alléger les égouts lors de fortes pluies?
  • Après les sacs légers d’épicerie bannis le 1er janvier, les bouteilles de plastique et les pailles seront-elles dans la mire?
  • La voie Camilien Houde, sur le mont Royal, sera-t-elle fermée aux voitures en transit?
  • La circulation automobile et le stationnement seront-ils restreints dans le plan de réaménagement du parc La Fontaine?
  • Y aura-t-il plus de rues piétonnes et partagées à Montréal en 2018, comme le demande le Centre d’Écologie urbaine de Montréal?

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