Mario Beauregard / Métro Le quartier général du SPVM

Yves Francoeur persiste et signe. Malgré un rapport concluant, en début de semaine, que ses allégations étaient non fondées, le président de la Fraternité des policiers de Montréal a refusé de s’excuser et a maintenu ses propos visant des libéraux qu’il accuse de trafic d’influence.

«J’ai rarement vu une enquête policière qui serait basée sur une déclaration non fondée et sur des sources non crédibles mais où on a rencontré 60 témoins. J’ai jamais vu ça», a déclaré jeudi matin le président de la Fraternité des policiers de Montréal au micro du 98.5 FM.

Yves Francoeur a déposé au printemps dernier une déclaration à la Sureté du Québec dans laquelle il mettait en cause des élus libéraux, impliqués, selon lui, dans un trafic d’influence.

«J’ai fait cette déclaration de bonne foi, basée sur six sources crédibles provenant de milieux différents», a souligné le patron du syndicat regroupant près de 4500 policiers.

M. Francoeur se voit comme «un sonneur d’alerte» qui a défendu les témoignages qu’il a recueillis. «Des gens se sont adressés à moi car ils avaient confiance en moi, a-t-il mentionné. J’ai fait mon devoir, j’ai collaboré avec les enquêteurs. Je suis allé au bâton pour eux parce que j’y croyais et j’y crois toujours. Si c’était à refaire, je referais la même chose.»

Refusant de démissionner, Yves Francoeur n’a pas l’intention de s’excuser. «Pas du tout, a-t-il ajouté. Je n’ai pas à m’excuser d’avoir fait mon travail de bonne foi, d’avoir dénoncé des choses que des gens n’osaient pas dénoncer à cause des positions qu’elles occupaient. Je suis redevable aux policiers et policières de Montréal que je suis très fier de représenter.»

«Pas de blocage»
Défendant «le travaux des enquêteurs» qu’il juge «professionnels», le chef par intérim du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Martin Prud’homme, a dénoncé les nouveaux propos d’Yves Francoeur.

«Je ne peux pas mettre en doute [le résultat de l’enquête], a déclaré au 98,5F M celui qui a pris la succession de Philippe Pichet. Je ne mets pas en doute la parole de M. Francoeur, mais à la fin de tout ça, il y a quand même 60 rencontres et on nous annonce que c’est non concluant. Je suis convaincu d’une chose: il n’y a pas eu de blocage.»

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a quant à elle demandé au président du syndicat du corps policier de la métropole de se plier aux résultats de cette enquête.

«Je trouve que M. Francoeur ne s’aide pas, a-t-elle jugé, sur les mêmes ondes radiophoniques. Des sonneurs d’alerte, il en faut. Il n’y a pas de problème. Je m’attends à ce que M. Francoeur entende [le résultat] et fasse confiance au processus.»

Mme Plante a également fait savoir qu’elle ne demandait pas sa démission. «Ce n’est pas à moi de la demander, a-t-elle détaillé. Mais j’aimerais que M. Francoeur respecte le processus. Les processus sont bons. À un moment donné, faut que ça arrête.»

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