Mario Beauregard/Métro Cathy Wong

Première présidente du conseil municipal de Montréal, Cathy Wong, 32 ans, compte profiter de son mandat pour moderniser cette institution et pousser toutes les strates de la population à s’intéresser davantage à la politique municipale, qui serait parfois «difficile à digérer». Élue en novembre sous les couleurs d’Équipe Coderre, l’ex-agente de développement jeunesse et ancienne présidente du Conseil des Montréalaises espère prochainement présenter des idées innovantes.

Lannée 2017 a été historique avec lélection dune première mairesse, Valérie Plante, qui a choisi de vous nommer à la tête du conseil municipal. Est-ce un tournant pour la politique montréalaise?
Au niveau symbolique, les changements sont clairs. Cette élection marquera l’histoire avec ce désir des électeurs d’augmenter la présence des femmes en politique. Pour la première fois, il y a davantage de femmes que d’hommes en politique à Montréal [53 femmes sur 103 élus]. On a brisé plusieurs plafonds de verre. Avoir cette nouvelle représentativité, c’est très important. Ça peut donner le goût à d’autres femmes, aux jeunes et aux personnes issues de la diversité culturelle de s’intéresser à la politique.

Sentez-vous des attentes particulières sur vos épaules en raison de ce désir marqué, des électeurs, de bouleverser le paysage politique tel quon le connaissait avant ces élections?
Il ne faut pas sous estimer le symbole, mais il faut savoir qu’on ne pourra pas tout chambouler. Il y avait des pratiques positives, qu’il faut garder. Un mandat de quatre ans, c’est peu pour changer une ville, pour continuer de la rendre plus inclusive, plus accessible. Mais on va y travailler tous ensemble, car le défi est grand.

Quel est votre défi principal?
Dans une ère où l’utilisation des réseaux sociaux est importante, on doit trouver un moyen d’animer la participation citoyenne 365 jours par an et réfléchir à ce qu’on ne fait pas pour intéresser davantage les gens à la politique municipale.

«Il faut essayer des nouvelles choses, innovantes et sortir les élus et les commissions des murs de l’hôtel de ville pour se rapprocher des citoyens.» –Cathy Wong, présidente du conseil municipal

Pourquoi, selon vous, les citoyens se désintéressaient à la politique municipale?
Il y a le cynisme envers la politique, mais aussi la complexité des dossiers municipaux. On prend des centaines de décisions, des millions de dollars sont dépensés, et je comprends que les citoyens qui lisent les documents de la Ville sont rebutés. Ça peut être difficile à digérer. À nous de rendre l’information plus accessible et compréhensible; ça ne doit plus être un casse-tête. La démocratie municipale doit entrer dans le 21e siècle.

Quest-ce quune politique du 21e siècle?
Par exemple, il faut repenser la période de questions lors du conseil municipal et rendre l’expérience plus accueillante, plus humaine, plus inclusive. Un citoyen doit-il aussi continuer de venir à l’hôtel de ville pour poser une question aux élus? Être devant les élus, face à un micro, ça peut être intimidant. Sans compter que tout le monde ne peut se libérer ou avoir un moyen de transport pour venir. Avec la présence des réseaux sociaux, on pourrait renouveler cet exercice.

Peut-on vous imaginer, un jour, lire des tweets ou des courriels des citoyens en pleine séance du conseil municipal?
L’idée n’est pas mise de côté, c’est une réflexion qui va être entamée. Les médias sociaux sont devenus un outil incontournable et on nous écrit de plus en plus par ce biais. La Ville aussi doit revoir sa façon de communiquer, et nous tous on réfléchit à sortir des sentiers battus.

À quelles autres mesures pensez-vous?
On ne peut plus attendre que les citoyens viennent uniquement à l’hôtel de ville, même si c’est le lieu où se prend la majorité des décisions. Il faut aller au-delà de ça et se rendre vers eux. À Montréal, nous avons 11 commissions permanentes, chargées de réfléchir à beaucoup de sujets, qui ont l’obligation de tenir des séances publiques. Ne pourrait-on pas les organiser dans des quartiers de la métropole, dans des lieux communautaires, éducatifs ou dans des parcs? Je suis persuadée qu’on pourrait, dans ce cas, entendre les citoyens parler de tous les sujets. Mon souhait, par exemple, c’est que les communautés culturelles puissent s’exprimer aussi sur le déneigement, le transport ou le logement, et pas seulement sur les enjeux de diversité. Il faut tenter de sortir de la manière traditionnelle de faire de la politique. C’est court, mais on a quatre ans pour essayer des choses innovantes.

Quand espérez-vous mettre en place ces idées?
Le chantier de réflexion a démarré et j’aimerais voir une mise en place dès 2018. Mais assurément, ce sera le plus vite possible.

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