Getty Images/iStockphoto L'hôtel de ville de Montréal

La Ville de Montréal modifiera, mercredi, le code éthique de ses élus afin d’ajouter un article visant le harcèlement sexuel.

L’administration profitera de l’obligation d’adopter un nouveau code éthique après une élection pour inclure un passage visant spécifiquement le harcèlement sexuel et psychologique, sans distinction de sexe. Celui-ci sera adopté à l’occasion de la prochaine séance du comité exécutif et concernera notamment le comportement des élus entre eux, mais aussi envers les membres de leur cabinet et les employés municipaux.

Désormais, dans ce texte d’une dizaine de pages, on pourra y lire que «les membres du conseil doivent favoriser le maintien d’un climat de travail harmonieux et respectueux et d’un milieu de travail sain et exempt de toute forme de harcèlement». Le «harcèlement» y est défini notamment comme «une conduite vexatoire» qui se manifeste par «des comportements, des paroles, des actes ou des gestes répétés, qui sont hostiles ou non désirés».

Jusqu’ici, le code éthique des élus de la Ville de Montréal évoquait uniquement la notion de «respect». «On a tous été surpris [les nouveaux élu(e)s] de constater que le harcèlement n’était pas inclus. Pour nous, il est essentiel que nos institutions doivent entrer en 2018 et doivent incarner une nouvelle culture», explique lundi Cathy Wong, la présidente du conseil municipal.

En charge de la gouvernance au sein du comité exécutif, Laurence Lavigne-Lalonde a proposé différentes suggestions au cours des derniers mois, afin de modifier ce texte. Une fois au pouvoir, l’élue de Projet Montréal souhaitait «agir rapidement» et «poser des gestes concrets».

«La notion de harcèlement doit absolument être notée, les élus ne peuvent pas être exemptés. On doit montrer l’exemple et pour que ça cesse, il faut en parler. Tant que l’on ne nomme pas les choses, il est difficile d’agir.» – Laurence Lavigne-Lalonde, conseillère de Projet Montréal

Pour l’opposition officielle, le texte proposé ne va cependant pas assez loin et serait «timide», selon le chef du parti, Lionel Perez. Ensemble Montréal, le nouveau nom d’Équipe Coderre, veut davantage s’attaquer «aux inconduites sexuelles qu’au harcèlement».

«Le harcèlement fait référence à des cas répétitifs alors que les inconduites sexuelles évoquent des actes ponctuels, précise la conseillère Marie-Josée Parent, porte-parole de l’opposition en matière de statut de la femme et d’égalité entre les genres. On souhaite qu’à tout moment, une personne puisse parler de ce qu’elle vit tout en se sentant en sécurité et protégée.»

L’opposition souhaite également mettre en place une formation obligatoire pour les élus sur ce sujet. «On veut agir de façon préventive et éduquer tout le monde», renchérit Marie-Josée Parent. Une motion sera déposée en ce sens au cours de la prochaine séance du conseil municipal le 24 janvier.

L’administration de Valérie Plante n’exclut pas de soutenir cette demande. «On reste ouvert», avance Laurence Lavigne-Lalonde, tout en mentionnant que l’administration Coderre, malgré les propositions avancées par Projet Montréal, n’était pas allée de l’avant par le passé.

Si un élu contrevient à ce nouveau code éthique, il sera entendu par la Commission municipale du Québec, qui dépend du ministère des Affaires municipales. Des sanctions pourraient alors être appliquées.

Ce changement intervient alors que le mouvement Et maintenant vient d’être lancé par plusieurs personnalités québécoises. À la suite de #MoiAussi, cette initiative vise justement à ce que les politiques publiques, la culture des entreprises et des institutions, les contenus médiatiques [et] les relations amoureuses et sexuelles évoluent dans le sens d’une véritable égalité entre les genres».

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