Mario Beauregard/Métro Les blocs de béton de la Formule E.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, imagine utiliser les blocs de Formule E, achetés pour l’unique édition de cette course de véhicules électriques, l’été passé,  afin de servir de digues temporaires en cas de nouvelles ‘inondations.

«Nous avons des barrières de béton en stock», a lancé Valérie Plante, mercredi, au cours d’une séance du comité exécutif, aux représentants du Service de sécurité incendie (SIM). Ces derniers venaient présenter un bilan des inondations printanières qui ont touché Montréal au printemps dernier.

Évoquant «une suggestion créative forte intéressante», ces 1500 murets, qui ont coûté près de 7,5M$, pourraient servir de «digues amovibles», a précisé la mairesse, alors que cette proposition a provoqué quelques rires autour de la table. «On rit, mais c’est vrai», a souri Valérie Plante.

Cette proposition a d’ailleurs été approuvée par le chef de l’opposition, Lionel Perez, qui a souligné «une solution à envisager» afin «d’utiliser» ces blocs qui auraient initialement dû servir aux deux prochaines éditions de Formule E, avant l’annulation du contrat, en décembre, par la nouvelle administration municipale.

Cette solution pourrait notamment éviter de stocker et de déployer des milliers de sacs de sable en cas de besoin. Alors que le SIM a évoqué un problème de détérioration rapide de ces sacs, l’organisme a également mis l’accent sur la récupération de ces objets.

Au printemps dernier, près de 300 000 sacs de sable ont été utilisés et les Forces armées canadiennes ont notamment participé au ramassage. Une mesure qui n’était pas prévue.

«En temps normal, ils se retirent après une intervention d’urgence. [Retirer ces sacs], ça demande un effort considérable aux intervenants déjà fatigués. On ne peut laisser cette tâche aux citoyens», a expliqué Bruno Lachance, le chef du SIM, qui s’est dit en faveur de digues temporaires «plus pratiques et plus rapides».

«On étudie cette solution», a-t-il ajouté. Des digues en polyester ont notamment été évoqués.

«Apprendre de nos erreurs»
Entre avril et mai 2017, près de 1100 citoyens ont été touchés par ces inondations, dans les arrondissements de L’Île-Bizard–Sainte-Geniève, Pierrefonds–Roxboro, Ahuntsic–Cartierville, Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles et dans les villes voisines de Sainte-Anne-de-Bellevue et Senneville.

Il s’agit du sinistre le plus important à Montréal depuis la tempête du verglas de 1998, a souligné le Service de sécurité incendie de Montréal (SIM).

Le SIM a proposé 46 recommandations pour «apprendre de nos erreurs et œuvrer en amont des inondations afin de mettre en place des mesures permettant de prévenir ou réduire les impacts et ainsi faire de Montréal une agglomération résiliente face aux inondations», tel qu’on peut le lire dans un document de la Ville.

Une meilleure communication avec les citoyens est notamment suggérée, tout comme une amélioration de la planification. Le SIM suggère aussi de revoir «la cartographie des côtes de crue du territoire montréalais en tenant compte des connaissances acquises» au cours de ces inondations.

Le 7 mai, la Ville de Montréal avait déclaré l’état d’urgence, jusqu’au 14 mai. Près de 2000 intervenants ont été déployés sur le terrain, dont certains faisaient partie des Forces armées canadiennes. Aucun décès, ni blessés n’ont été répertoriés.

L’administration de Valérie Plante a indiqué qu’elle mènera «prochainement» une séance publique de la Commission sur la sécurité publique afin d’étudier ces recommandations. Les citoyens y seront conviés afin de poser des questions.

Quelques chiffres

  • 1100 sinistrés
  • 430 résidences inondées
  • 42 commerces touchés
  • 45 familles toujours hébergées à l’hôtel
  • 9,8M$ dépensés

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