Josie Desmarais

Alors que Téo avance en terrain incertain, qu’Uber continue de rouler hors du radar et que l’industrie du taxi tente d’éviter la panne sèche, Métro vous propose un petit aperçu de l’état du taxi à Montréal.

Téo. Deux ans et demi après sa création, la compagnie de taxis d’Alexandre Taillefer doit assurer sa croissance ou mettre la clé sous la porte. C’est ce qu’a déclaré à la fin de l’année 2017 le dragon montréalais qui a, semble-t-il, a peiné à attirer de nouveaux investisseurs autour de la nouvelle ronde de financement. Finalement, la Caisse de dépôt et placement du Québec, le Fonds de solidarité FTQ et le fonds XPND Capital ont officialisé mercredi leur investissement de 17M$ dans Taxelco, qui s’ajoute aux quelque 80M$ déjà engagés. En entrevue à l’émission de Paul Arcand au 98,5, M. Taillefer avait déclaré il y a dix jours que les coûts d’opération de son entreprise atteignaient 7M$ par an. «À 110 voitures, on n’est pas rentable, mais si on peut amortir cela sur 400 voitures, ce sera plus facile», a ajouté M. Taillefer. Avec cette nouvelle ronde de financement, qui profitera aussi à Taxi Diamond et Taxi Hochelelaga, Taxelco compte faire grimper la flotte à 350 voitures et passer de 400 à 1000 employés d’ici la fin de l’année. La présence accrue de véhicules disponibles devrait faire diminuer la grogne chez les clients qui se plaignent fréquemment sur les réseaux sociaux des délais d’attente.

Uber: Presque un an et demi après le début du projet pilote encadrant les activités d’Uber, Québec indique avoir récupéré 12M$ en redevances auprès de la multinationale (entre 0,97$ et 1,33$ par course). En parallèle, un comité piloté par le ministère des Finances est chargé d’évaluer les pertes pour l’industrie du taxi. Il s’est réuni le 11 janvier et le 1er février. «Le comité doit d’abord définir les prochains jalons de l’accompagnement de notre gouvernement auprès des propriétaires de permis de taxi, dont la valeur a chuté depuis quelques mois», mentionne Marie-Pier Richard, l’attachée de presse du ministre des Transports, André Fortin. Le gouvernement s’est donné jusqu’à fin mars et le dépôt du budget pour proposer des solutions. «Dans l’industrie, on ne s’attend pas à grand chose, car à chaque fois que le gouvernement a dit quelque chose, il a fait exactement le contraire», réplique Mouhcine El Meliani, propriétaire de taxi et fondateur de la Ligue des taxis. Ce dernier a entamé une procédure de demande de recours collectif contre le gouvernement.

Taxis. La nouvelle image de marque des taxis montréalais – le Bonjour et la couleur variant pour chaque compagnie – a été adoptée par 600 à 700 chauffeurs. «On aimerait dépasser le nombre de 2000 véhicules d’ici deux ans», lance Marie-Hélène Giguère, porte-parole du Bureau du taxi de Montréal (BTM). Quant aux modules de paiements par carte de crédit, ils sont obligatoires dans chaque taxi. Néanmoins, les chauffeurs ont dû payer ces améliorations de leur poche et le projet de caméras dans les taxis est au point mort. «Installer des cameras selon les spécificités de la Ville devait nous coûter 3000$ par véhicule. Apposer la nouvelle image de marque coûte 1500$. Tout ça alors que les permis ont perdu au moins la moité de leur valeur», déplore M. El Meliani. Quant au fonds de modernisation qui devait être mis en place pour aider l’industrie à partir des redevances collectées par le gouvernement, il n’est toujours pas en place. «À Montréal, nous avons une nouvelle administration en place depuis novembre – dont la mobilité est par ailleurs une grande priorité – qui a besoin d’un peu de temps pour s’approprier l’ensemble des dossiers», souligne Marie-Hélène Giguère. Cette dernière assure que les scénarios de déploiement des caméras étudiés n’arrivaient pas à la moitié du montant de 3000$ avancé par M. El Meliani.

CHIFFRE : 34% Actuellement, 1563 des quelque 4500 taxis montréalais (34%) étaient hybrides ou électriques. C’est mieux que la population québécoise qui ne possède que 2% de ce type d’auto. Mais à Vancouver, le taux de taxis verts est de 77%.

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