Josie Desmarais Valérie Plante

Alors que la mairesse de Montréal, Valérie Plante, a fêté, mardi, ses 100 premiers jours à la tête de la métropole, son administration juge son bilan «excellent». Un terme vivement contesté par l’opposition officielle qui dénonce «un manque de rigueur» et de l’«amateurisme».

Selon Lionel Perez, chef d’Ensemble Montréal, Valérie Plante a «brisé la confiance avec le public». Ce dernier a comparé la hausse de taxes moyenne de 3,3% à une «grosse erreur» et une «grosse gaffe». L’«acrobatie verbale» de la mairesse, pour justifier cette mesure en évoquant la désuétude des infrastructures souterraines, n’aurait pas convaincu et sa première partie de mandat serait «un échec», a repris le conseiller de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce.

«Ils ont encore beaucoup à apprendre. Toutes les préoccupations que nous avons soulignées dès le début se matérialisent. Il n’y a pas de profondeur, il n’y a pas une vision organisée, pragmatique, pour aller de l’avant», a-t-il ajouté.

Faux, a rétorqué Benoit Dorais, le président du comité exécutif. «On a un excellent bilan jusqu’à maintenant», a soutenu le maire du Sud-Ouest, alors que Valérie Plante, affectée par une extinction de voix, n’a pas été en mesure de réagir.

«Bien sûr, il y a quelques petites choses, mais dans n’importe quelle administration, c’est le cas», a-t-il néanmoins déclaré, tout en mettant en avant «les bons coups», dont le lancement début janvier de l’appel d’offres pour l’achat de 300 nouveaux autobus hybrides.

Se réjouissant de cette initiative, Lionel Perez a néanmoins regretté le manque d’espace pour les accueillir. «Il n’y aura pas de problème», a indiqué l’élu en charge du transport, Craig Sauvé, en promettant que ces bus arriveront dès 2019.

L’opposition a également reproché à l’administration «le cafouillage total» dans le dossier du déneigement, le manque «de consultation publique» pour retirer les calèches du Vieux-Montréal, ainsi que le choix de la Ville de suspendre les articles relatifs à l’interdiction des pitbulls dans la métropole, mis en place par l’ancien maire Denis Coderre.

«Ils doivent changer leur façon de faire. Ils doivent réaliser qu’ils peuvent faire des erreurs. Ils doivent reconnaître leurs erreurs et ne pas penser qu’ils sont tout-puissants.» – Lionel Perez, chef de l’opposition

«On a des gens qui travaillent fort, qui sont rigoureux, qui ont une fierté de venir à l’hôtel de ville, qui veulent se défoncer, se dépasser pour les Montréalais qui les ont élus», a répondu Benoit Dorais.

Le PTI adopté
Par ailleurs, le conseil municipal a adopté mardi, avec 39 voix contre 21, le Programme triennal d’immobilisations (PTI) 2018-2020, qui détaille les projets que souhaite réaliser la Ville de Montréal. Celui-ci prévoit près de 6,4G$ d’investissements pour les trois prochaines années. Seuls les élus d’Ensemble Montréal, minoritaires, ont voté contre ce PTI.

«L’amateurisme qu’il y a aux Olympiques, on l’a aussi dans le PTI de l’administration Plante-Dorais, a clamé Lionel Perez. Il y a un manque de rigueur avec plusieurs projets, un manque de ficellage de plusieurs dossiers.»

«C’est un PTI qui laisse à désirer», a pour sa part résumé le maire de Saint-Laurent, Alan DeSousa.

Le parti qui a succédé à Équipe Coderre a notamment reproché l’absence d’investissements pour la construction de la ligne rose de métro, le projet phare de Valérie Plante. «Nous voulons aller de l’avant avec la ligne rose», a assuré Benoit Dorais.

Affirmant que des discussions sont en cours avec les différents paliers de gouvernement, Benoit Dorais a ajouté que la création d’un bureau de projet était à l’étude. «On s’est donné des marges de manœuvre financière pour le faire. On va bien prendre le temps de faire des choses», a-t-il avancé.

Par ailleurs, Ensemble Montréal a critiqué la gestion de la dette de la part de la Ville. Un ratio d’endettement de 102% est en effet anticipé pour 2018 et une telle prévision aurait «des impacts financiers à moyen et long terme», selon Lionel Perez.

«Les gens peuvent être rassurés. Nous allons agir de façon responsable», a tenu à préciser Benoit Dorais, en parlant «d’un PTI emballant». «Ce PTI va servir les familles et les usagers du transport collectif», a pour sa part mentionné François Limoges, conseiller de Rosemont–La Petite-Patrie.

«Nos priorités sont la mobilité, le transport, l’habitation et le développement économique. C’est sûr et certain, c’est ce que nous allons faire durant ces quatre ans.» – Benoit Dorais, président du comité exécutif

Défense du projet pilote sur Camillien-Houde
Alors que l’opposition a également critiqué le projet pilote présenté par l’administration municipale d’interdire dès ce printemps la circulation de transit sur le mont Royal, en dénonçant notamment l’absence de consultation publique, Luc Ferrandez s’est défendu d’avoir réalisé «une annonce précipitée».

Selon le maire du Plateau–Mont-Royal, responsable des grands parcs au sein de la Ville, il s’agit de «l’aboutissement d’un long processus de réflexion» et d’«une mesure nécessaire de protection des cyclistes».

Luc Ferrandez s’est également dit «frappé» et «ému» par le décès d’un jeune cycliste, l’automne passé, heurté par une voiture qui avait réalisé un demi-tour illégal. Une «mort qui était pratiquement annoncée tant le danger [pour les cyclistes] était devenu grand», a-t-il assuré, en comparant cette voie Camillien-Houde à «une autoroute».

Expliquant que l’accès au sommet du mont Royal et aux stationnements sera toujours garanti pour les familles et les autobus, Luc Ferrandez s’est également montré ouvert à faire appel à l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM). «Ce projet pilote fait partie d’une démarche de réflexion, une démarche d’étude, qui va être documentée, monitorée, et qui pourrait mener à un projet pour lequel on pourrait engager l’OCPM», a-t-il mentionné.

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