Josie Desmarais Valérie Plante

Alors que la Ville de Montréal prépare son nouveau règlement animalier, la mairesse Valérie Plante compte davantage cibler les propriétaires plutôt que les bêtes.

«Le problème, c’est le propriétaire du chien», a déclaré jeudi Mme Plante. Cette dernière répondait à une question sur une affaire judiciaire en cours, au palais de justice de Longueuil. Un homme y est accusé de négligence criminelle après que son chien de type pitbull a attaqué une jeune fille dans un parc de Brossard en septembre 2015.

Mercredi, le père de cette jeune fille a indiqué être déçu par la décision de la mairesse de Montréal, prise en décembre, de suspendre l’interdiction de nouveaux chiens de type pitbull dans la métropole. Ce règlement avait été mis en place par l’administration de Denis Coderre après le décès d’une femme dans Pointe-aux-Trembles, mordue par un chien. Les propriétaires de telles bêtes devaient également se plier à des règles strictes pour conserver leur chien, en présentant notamment leur casier judiciaire pour obtenir un permis de garde spécial, à renouveler chaque année.

Après avoir régulièrement critiqué cette mesure lorsqu’elle dirigeait l’opposition municipale, Valérie Plante avait promis de revoir l’ensemble de règlement sur le contrôle animalier, et un nouveau texte va être présenté cette année.

«Il y a des propriétaires qui ne devraient pas avoir un chien. C’est là-dessus que nous on mise.» – Valérie Plante, mairesse de Montréal

«Je comprends la réaction de ce père. Ça me touche énormément. Lui et moi, on est d’accord au final. Un chien dangereux ne devrait pas se retrouver entre les mains de quelqu’un qui ne se comporte pas bien», a précisé Valérie Plante, qui ne souhaite pas cibler une race en particulier.

«Est-ce que c’est un chien de type pitbull, un husky ou un autre? Moi, ce que je ne veux pas, c’est que mes services, mes inspecteurs puis les ressources de la Ville passent tout leur temps à faire des tests ADN et à se demander: coudonc, est-ce un chien de type pitbull?» a-t-elle clamé.

Ce point de vue est «tout à fait» partagé par la Société de prévention contre la cruauté envers les animaux (SPCA). «Certaines personnes ne devraient pas avoir des animaux, a affirmé l’une des avocates de l’organisme, Alanna Devine. N’importe quel chien dans les mains d’un individu irresponsable, cruel et négligent peut être ou devenir dangereux. Il faut penser à la sécurité du public, mais aussi au bien-être de l’animal.»

Pour l’opposition officielle à l’Hôtel de Ville, il s’agit néanmoins d’«une décision précipitée». Ensemble Montréal accuse la mairesse de ne pas avoir «de solution de rechange à proposer». «Un chien dangereux est un chien dangereux, point final. En interdisant l’achat de nouveaux pitbulls et en contrôlant sévèrement ceux qui restent, l’ancien règlement, aboli par Projet Montréal, permettait de s’attaquer aux 3% des chiens qui causent près de 40% des morsures à Montréal», a souligné le chef du parti, Lionel Perez.

La semaine passée, l’administration Plante a annoncé la tenue d’une consultation publique sur ce sujet. Un sondage a notamment été mis en ligne sur le site de la Ville et des rencontres seront organisées dans différents arrondissements.

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