Karine-Dufour/Radio-Canada Monic Néron, Guy Ryan et Pina Arcamone

«On a perdu des heures précieuses au début.» La journaliste Monic Néron s’est dite « secouée » de voir qu’il a fallu près d’une journée entière avant que les recherches à grand déploiement se mettent en branle pour retrouver le jeune Ariel Jeffrey Kouakou, dimanche sur le plateau de Tout le monde en parle (TLMEP).

Le garçon de 10 ans est porté disparu depuis le 12 mars. Il a été vu pour la dernière fois dans le parc des Bateliers, dans l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville.

La journaliste aux affaires judiciaires au 98,5FM, l’inspecteur à la retraite du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Guy Ryan, et la directrice générale du Réseau enfants-retour, Pina Arcamone, ont répété que les premières 24 heures étaient cruciales lors de la disparition d’un enfant.

Selon eux, les recherches ont été lancées trop tard par le SPVM, même que le corps policier n’aurait pas utilisé toutes les ressources à sa disposition.

«Ça m’a secouée de voir à quel point on n’avait pas ouvert la machine pour retrouver cet enfant, s’est exclamée Monic Néron, en relatant son arrivée au bureau à 4h30, le matin suivant la disparition du garçon. L’enfant a 10 ans, il faisait -10°C. C’est l’hiver!»

«Je sais de source sûre qu’il se pose des questions à l’interne [au SPVM], a soutenu la journaliste. Ils savent qu’il y a eu un manquement au départ.»

La police montréalaise a déclenché une Alerte Amber le 13 mars au matin, avant de la lever à 23h le soir même.

Situation exceptionnelle puisqu’il n’y avait pas de suspect, ni d’élément laissant croire à un enlèvement, mais « dû à la période de l’année, il y avait réellement un danger pour l’enfant », a expliqué Guy Ryan.

Comme les images d’une caméra de surveillance montrent Ariel Kouakou entrer dans le parc aux abords de la rivière des Prairies, mais pas en ressortir, la police montréalaise privilégie toujours la thèse de la noyade, mais n’exclut aucune possibilité.

Bien que l’ancien inspecteur croie «qu’aucun élément n’ait été pris à la légère» par le SPVM dans le cadre de l’enquête, il juge qu’il y a eu un manque de transfert d’information dans le corps policier.

M. Ryan a évoqué dimanche les départs au SPVM pour expliquer qu’une information, comme par exemple entrer en contact avec le Réseau enfants-retour, n’ait pas été transmise.

Pina Arcamone a déploré que l’organisme ait appris par l’entremise des réseaux sociaux de la disparition du jeune garçon.

Un collègue de Mme Arcamone aurait d’ailleurs communiqué avec le SPVM afin d’offrir le soutien du Réseau, mais une agente lui aurait répondu: «On n’a pas besoin de vous.»

«On joue un rôle depuis 33 ans, s’est exclamée la directrice d’enfants-retour. On a laissé une famille 24 heures dans le désespoir. On aurait pu aider cette famille.»

Compte tenu de l’âge d’Ariel et du fait que personne dans son entourage ne l’avait vu, Mme Arcamone soutient que l’Alerte Amber, qui permet de mobiliser les gens en temps réel, aurait dû être déclenchée plus tôt.

«Lorsque la vie d’un jeune est en danger, on doit utiliser tous les moyens possibles pour tenter de le retrouver», a-t-elle ajouté.

Selon Monic Néron, «des familles réclament depuis des décennies» que les ressources spécialisées en disparition soient centralisées.

Après la disparition de Cédrika Provencher en 2007, «on se disait qu’on n’avait pas besoin de créer une escouade» nationale, puisque la Sûreté du Québec «fait le travail», a dit la journaliste.

Elle se demandait dimanche soir s’il ne faudrait pas reconsidérer l’option afin qu’aucune disparition au Québec ne soit laissée sans réponse.

Guy Ryan a expliqué que l’intensité des recherches dans le cas d’Ariel vont s’estomper, mais ne devrait jamais s’arrêter.

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