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La Ville de Montréal investira 1,1 G$ dans ses chantiers en 2018, ce qui représente une augmentation de 38% pour les travaux de voiries et de 60% pour ceux prévus dans les infrastructures de l’eau par rapport à l’an passé.

Pour la réfection de rues et de trottoirs, la Ville investira 343M$ afin de refaire 330 kilomètres de chaussée. C’est une cinquantaine de kilomètres de plus que l’an dernier.

Selon les fonctionnaires municipaux, 2018 sera la première année où la réfection de rue sera plus grande que la dégradation, c’est-à-dire, que le déficit d’entretien pourrait diminuer si tous les travaux sont réalisés. L’an dernier, 84% des travaux de voirie prévus ont été complétés.

«Il va avoir beaucoup de chantiers cette année à Montréal pour rattraper notre déficit d’actifs», a résumé le responsable des infrastructures au comité exécutif, Sylvain Ouellet.

Pour ce qui est des réseaux d’aqueduc et d’égouts, 210M$ seront investis pour la remise en état d’environ 130 kilomètres de conduites. La Ville œuvrera notamment sur trois projets majeurs: le bouclage de l’Est de l’île pour assurer une source d’alimentation en eau de secours, la remise en service du réservoir Rosemont, qui augmentera la réserve d’eau potable de 40% et la construction d’une usine d’ozonation des eaux usées. Ces deux derniers projets ne seront toutefois pas complétés cette année.

Parmi tous ces projets, le chantier de la rue Saint-Denis, entre les rues Jean-Talon et Jarry, de même que ceux prévus près du pont Lachapelle et sur la rue Notre-Dame, à proximité du pont Jacques-Cartier, seront les principales entraves à la circulation. Les quartiers centraux seront évidemment beaucoup touchés.

«L’année passée, il y avait eu un gel dans Ville-Marie pour permettre les festivités du 375e anniversaire de Montréal. Mais là, il faut rattraper le travail, tout comme dans le Plateau», a expliqué Sylvain Ouellet.

La Ville entend ainsi améliorer le coordination avec le gouvernement du Québec, notamment le ministère des Transports qui gère le chantier Turcot, et les Réseaux techniques urbains (RTU), comme Hydro-Québec, Énergir, ou les compagnies de télécommunications.

«Il y aura des perturbations, mais on veut éviter le plus possible que, quand on construit des infrastructures, on soit obligés de les refaire», a indiqué M. Ouellet.

Dans une politique qui sera présentée au prochain conseil municipal, la Ville imposera donc un moratoire de cinq ans sur la réouverture de chaussée qui vient d’être reconstruite. Des frais seront imposées si le moratoire n’est pas respecté. Plus la chaussée est récente, plus ils seront plus élevées.

Puisque les RTU sont régis soit par Ottawa (télécommunications) ou Québec (Énergir et Hydro-Québec), la Ville ne peut pas imposer de pénalités, ont précisé les fonctionnaires municipaux. Toutefois, d’autres villes canadiennes, comme Toronto et Hamilton, imposent aussi des frais pour la dégradation de la chaussée.

«Le but, ce n’est pas d’avoir de l’argent de plus, mais qu’on se coordonne en amont, dès qu’on annonce qu’il va y avoir un chantier. Se coordonner en amont, c’est deux ans avant la construction», a spécifié Sylvain Ouellet.

L’opposition officielle a déploré le fait que l’administration de Valérie Plante ait annoncé 1,1 G$ d’investissements, alors qu’«entre 20 % et 25 % de ces investissements ne se concrétiseront jamais». «Il est donc un peu exagéré, dans une annonce sur les chantiers à venir, de se vanter d’augmenter les sommes investies. Dans un an, cette administration devra expliquer aux Montréalais pourquoi les montants annoncés n’ont pas été réalisés», a dénoncé le chef d’Ensemble Montréal, Lionel Perez, par voie de communiqué.

L’an dernier, sous la gouverne du maire Denis Coderre, les élus avaient présenté un plan de 684 M$ d’investissements.  En réalité, 996 M$ avaient été réservés pour tous les projets prévus et 788 M$ ont finalement été dépensés.

Moins de kilomètres de pistes cyclables
Dans ses chantiers, l’administration Plante prévoit créer et réparer moins de kilomètres de voies cyclables que ses prédécesseurs. «Dans le passé, l’équipe de transport actif avait pour mandat d’ajouter 50 kilomètres d’infrastructures. On s’est rendu compte que, pour atteindre l’objectif, on faisait des chaussées désignées ou des bandes cyclables, a indiqué la conseillère associé au transports actifs, Marianne Giguère. On a ajouté du kilomètre, mais quelle en est la qualité?»

En 2018, des travaux auront lieu sur 33 kilomètres de voies cyclables, contre 58 kilomètres l’an dernier. L’élue du Plateau-Mont-Royal promet d’en «faire moins mais d’en faire des meilleures». «Pour que les gens se sentent bienvenus, il faut que les aménagements soient sécuritaires», a-t-elle avancé. Elle promet davantage d’infrastructures «lourdes», avec des terre-plein par exemple.

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