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Conduites d’eau potable en fin de vie, égouts qui menacent de s’effondrer, fortes possibilités d’entrée d’eau en plomb, les infrastructures de l’eau sont dans un piètre état révèle le Plan d’intervention des actifs des réseaux d’eau potable, d’égouts et de voirie 2016-2021, qui a été rendu public mercredi.

Sur notre carte, vous pouvez voir en quel état sont les infrastructures de l’eau à Montréal et si des travaux sont nécessaires sur votre rue. En-haut à gauche sélectionnez soit l’eau potable soit les égouts. Pour une meilleure expérience, utilisez un grand écran et cliquez ici.

Bien que les données publiées mercredi par la Ville sont les plus récentes, elles n’incluent pas les travaux faits en 2017. Environ 1,2% des kilomètres de tuyaux ont été reconstruits ou réhabilités l’an dernier.

De vieilles conduites d’eau potable
Selon le coup de sonde de la ville, Plus du tiers des conduites d’eau potable ont dépassé 70% de leur durée de vie. Et 3,2% d’entre elles ont dépassé leur espérance de vie.

«On a un tuyau sur la rue Sainte-Catherine Ouest qu’on va changer bientôt, qui date d’avant la Confédération canadienne, dont on a fêté le 150e anniversaire l’année dernière», illustre le responsable des infrastructures de l’eau au comité exécutif, Sylvain Ouellet. Il croit que le jeu de données montre aux citoyens «qu’il y a encore beaucoup de travail à faire».

«Dans dix ans, il y aura une tempête parfaite qui s’en vient au niveau des conduites d’eau potable, prévient-il. Celles qui ont été construites au début du 20e siècle vont arriver en fin de vie en même temps que celles construites après la Seconde Guerre mondiale. Parce que celles-là étaient de moins bonne qualité.»

Si les tuyaux d’aqueduc les plus âgés se trouvent surtout dans Ville-Marie, c’est dans l’arrondissement Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce que les conduites semblent les plus vétustes, ayant atteint 69% de leur vie utile en moyenne. Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension suit de près à 68,4%. Les conduites aux alentours du mont Royal sont aussi très âgées.

Les aqueducs les plus neufs sont pour leur part dans l’arrondissement de L’Île-Bizard–Sainte-Geneviève.

Des égouts qui menacent de s’effondrer
«Pour la réfection des tuyaux, c’est vraiment le Plateau et Ville-Marie qui vont surtout faire l’objet de réfections cette année», indique toutefois Sylvain Ouellet. La raison est simple c’est dans ces arrondissements et dans Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, qu’il y a le plus de tronçons routiers comprenant des égouts de Cote d’intégrité structurale (CIS) 4 et 5, soit effondrement probable et effondrement imminent.

«Il ne faut vraiment pas que l’égout s’affaisse. C’est l’infrastructure la plus profonde sous la rue, donc si elle s’affaisse elle peut aussi briser les conduites d’aqueduc et ça peut inonder les résidents», ajoute M. Ouellet.

Certains vieux égouts, construits en briques, seront aussi réhabilités même s’ils sont en bon état, car si une brique se défait «ça peut rapidement tout se défaire comme un jeu de dominos».

«Il ne faut pas refaire ce qu’on a fait après la dette olympique, où on n’investissait rien dans les tuyaux. En 2002, on investissait 16 M$ par année pour l’île au complet, alors qu’on a des actifs de plus 30 G$.» –Sylvain Ouellet, responsable des infrastructures de l’eau.

Des entrées en plomb
Selon le plan d’intervention de la Ville, 40% des 19 000 tronçons routiers analysés pour ce critère pourraient contenir des entrées d’eau en plomb, donc des possibilités de plusieurs dizaines de milliers d’entrées.

Le comité exécutif a d’ailleurs accordé 400 000$ au dernier comité exécutif pour accueillir des stagiaires de l’école Polytechnique cet été. Ceux-ci analyseront 6000 entrées de maison pour confirmer ou non la présence de plomb.

La municipalité vise d’ailleurs le remplacement d’environ 5000 entrées en plomb par an. «À Montréal, il n’y a eu aucune intoxication au plomb via l’eau potable qui a été répertoriée par la Direction de la santé publique, rappelle Sylvain Ouellet. On le fait de façon préventive, puisqu’il peut y avoir des risques notamment pour les femmes enceintes.»

C’est dans Mercier-Hochelaga-Maisonneuve et Ahuntsic-Cartierville qu’il y a le plus de tronçons susceptibles de contenir des entrées d’eau au plomb.

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