TC Media - Isabelle Bergeron

MONTRÉAL — Une centaine de chauffeurs d’autobus d’écoliers de l’Outaouais, qui devaient faire une grève générale illimitée à compter de lundi prochain, viennent de recevoir un préavis de mise à pied.

Ces chauffeurs d’autobus d’écoliers, employés par Autobus Campeau, sont membres de la section locale 106 du Syndicat des Teamsters, affilié à la FTQ.

Ils s’étaient déjà dotés d’un mandat de grève générale illimitée et devaient emboîter le pas, le 30 avril, à leurs collègues qui travaillent pour Autobus Lucien Bissonnette, dans l’Ouest de l’île de Montréal, aussi syndiqués chez les Teamsters. Ces derniers ont commencé un débrayage illimité ce lundi 23 avril.

L’envoi de préavis de mises à pied, alors qu’une grève est annoncée, a fait sursauter le Syndicat des Teamsters. «Ça a créé beaucoup de colère chez les travailleurs et les travailleuses. Nous, on interprète ça comme une forme de bullying. Ça nous fait penser un petit peu au comportement de certains enfants dans des cours d’école qui intimident d’autres enfants», a commenté au cours d’une entrevue Stéphane Lacroix, directeur des communications et des affaires publiques au Syndicat des Teamsters.

Dans le préavis qu’il a fait parvenir à la centaine de salariés, le président d’Autobus Campeau, Jacques Campeau, écrit: «la présente est pour aviser qu’en raison de la possibilité de grève générale illimitée qui touche votre accréditation syndicale, nous sommes dans l’obligation de vous présenter votre préavis de mise à pied».

L’employeur justifie ainsi ces mises à pied: «notre contrat avec la commission scolaire prévoit la perte de nos contrats avec eux en cas de grève ou lock-out de plus de sept jours».

Le Syndicat des Teamsters affirme qu’il s’agit d’une première pour lui. «Pour l’instant, nos procureurs étudient le dossier. En tout cas, si ce n’est pas illégal, c’est immoral. Si nos procureurs nous informent que c’est un comportement qui est illégal, on va prendre les mesures légales qui s’imposent», a ajouté M. Lacroix.

Les négociations entre les parties se poursuivaient toutefois en après-midi mardi dans l’espoir d’éviter la grève.

La rémunération est au coeur du litige. Les chauffeurs d’autobus d’écoliers gagnent entre 20 000 $ et 25 000 $, parfois moins. Ils ont aussi un horaire brisé, travaillant le matin et en fin d’après-midi.

D’autres syndicats de la Fédération des employés des services publics de la CSN, qui représentent aussi des chauffeurs d’autobus d’écoliers, consultent présentement leurs membres sur un éventuel mandat de grève.

Les syndicats demandent au ministère de l’Éducation d’accorder une enveloppe fermée et dédiée aux commissions scolaires pour assurer le financement du transport d’écoliers et accorder ainsi aux chauffeurs de meilleurs salaires.

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