Les employés d’entretien qui œuvrent au sein de la Société de transport de Montréal (STM) refuseront à compter de la semaine prochaine les heures supplémentaires. Ils ont dénoncé mercredi des horaires de travail impossibles demandés par la direction.

Les négociations piétinent et les propositions de la direction sont vues comme des «reculs importants», d’après le Syndicat du transport de Montréal-CSN, qui représente les 2400 employés d’entretien dont la convention collective est échue depuis janvier. Pour ces derniers, la flexibilité exigée par la direction de la STM est synonyme de dégradation des conditions de travail, déjà largement détériorées par «des gels d’embauche et des coupes», selon le président du syndicat, Gleason Frenette.

«On est tannés, les travailleurs sont à bout, on a déjà fait des sacrifices, on fait 500 000 heures de temps supplémentaire par année, tout le monde est fatigué», a dénoncé Gleason Frenette.

Le syndicaliste a évoqué la situation difficile des employés, qui travaillent parfois jusqu’à 60 heures par semaine. La conciliation travail-famille, au cœur des revendications des syndicats, est impossible dans ces conditions, selon lui, en raison des quarts de travail de nuit exigés par la direction, de même que par les heures supplémentaires imposées. «C’est avant tout une question de qualité de vie», a souligné M. Frenette.

«On a du monde 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 partout. Il n’y a jamais d’arrêt. On travaille tout le temps. S’il y a des problèmes de gestion du personnel et s’il faut faire des ententes avec le syndicat, qu’ils nous en parlent. On est tout le temps là pour essayer d’améliorer l’offre de service pour la clientèle», Gleason Frenette, président du syndicat du transport de Montréal.

La grève du temps supplémentaire sera déclenchée dimanche soir à minuit et se terminera le 12 mai. Pendant ces six jours, les employés d’entretien de la STM travailleront 40 heures par semaine, leur horaire habituel, mais ils refuseront le temps supplémentaire et les changements de poste temporaire en fonction des heures de pointe.

«De 10 à 15% du service est prévu pour du temps supplémentaire. C’est sûr qu’il y aura un impact pour la clientèle», a affirmé le directeur général de la STM, Luc Tremblay.

«Trois négociations sont en cours. On continue à se parler régulièrement. Les tables ne sont pas brisées. On se voit tous les deux jours», a ajouté M. Tremblay. Ce dernier a répété à plusieurs reprises qu’ils souhaitent obtenir davantage de flexibilité de la part des équipes de travail. Il vise notamment le travail de nuit pour l’entretien de la flotte d’autobus. Le personnel devrait accepter plus de «flexibilité» dans leurs horaires, de façon à augmenter l’efficacité de l’entretien et, du même coup, la fiabilité du réseau de la STM, a insisté le directeur général de la STM. Cela ferait en sorte, selon lui, d’empêcher des retards et augmenter le nombre d’autobus en circulation.

«Ce qu’on veut faire, c’est de se donner des quarts de travail de soir et de nuit quand c’est nécessaire pour être en mesure d’entretenir les bus au bon moment sur les bons équipements», a expliqué Luc Tremblay. 

Autre mandat de grève
Le Syndicat des chauffeurs d’autobus, opérateurs de métro et employés des services connexes consultera pour sa part ses 4500 membres, jeudi, à l’occasion d’une assemblée générale, sur la possibilité de déclencher une grève. Leur convention collective est échue depuis le 8 janvier dernier. «Les discussions entourant «l’organisation du travail» achoppent, a indiqué mercredi le syndicat qui n’a pas voulu en dire davantage. Par le passé, celui-ci s’est plaint à plusieurs reprises de la durée trop courte des circuits de bus ou des temps de battement.

La dernière grève des chauffeurs et des opérateurs de métro remonte à 2007.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, n’est pas inquiète des menaces de grève qui planent sur la STM. «Dans les conversations que l’on a, on entend que ça se passe plutôt bien, a-t-elle affirmé jeudi. Des deux côtés, il y a beaucoup d’ouverture pour régler ça le plus rapidement possible.»

Mme Plante a souligné que de part et d’autre, «il y a un réel souci» de ne pas perturber les services de transport en commun.

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