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MONTRÉAL — La journée de grève que devaient faire, mardi, 44 syndicats du transport écolier de la CSN n’en touchera finalement qu’«une trentaine», puisque le tribunal a déclaré la grève illégale dans les autres cas.

Cette journée de grève est illégale parce que ces syndicats de chauffeurs d’autobus d’écoliers n’avaient tout simplement pas acquis le droit de grève. Les syndiqués ne peuvent en effet faire la grève lorsqu’une convention collective est encore en vigueur.

Dans sa décision, le Tribunal administratif du travail égratigne la CSN et ses syndicats, laissant entendre qu’ils lui ont fait perdre son temps, puisqu’ils savaient pertinemment qu’ils n’avaient pas acquis le droit de grève et qu’il ne pourrait faire autrement que de déclarer illégale cette grève, dans leur cas.

«Le Tribunal ne peut que déplorer l’utilisation de ses ressources alors que la conclusion de son intervention était de toute évidence, et ce, dès le départ, que la grève annoncée était illégale et que des ordonnances seraient prononcées», écrit la juge administrative Judith Lapointe.

Au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne, Denis Marcoux, président de la Fédération des employés de services publics — à laquelle sont affiliés ces syndicats — a admis qu’il savait que la grève n’aurait pas été légale dans le cas de ces syndicats, mais elle lui paraissait «légitime» pour la cause.

Le tribunal lui réplique à son tour: «les raisons pour lesquelles les associations accréditées intimées ont décidé de tenir une journée de grève n’ont aucune pertinence en l’espèce».

«Lorsque le droit de grève n’est pas acquis dans un service public, le public a droit à l’intégralité de services d’autobus auxquels il a droit», écrit encore la juge administrative Lapointe.

«Nous, on dit que c’est une grève légitime. Ces gens-là n’ont aucun autre moyen de se faire entendre», a protesté M. Marcoux.

Le tribunal ordonne donc aux salariés des Autobus Terremont, des Autobus La Montréalaise, d’Armen-Québec, des Autobus Yves Séguin et fils ainsi que des Autobus Le Mistral de fournir leur prestation normale de travail, mardi.

L’ordonnance a été déposée à la Cour supérieure, ce qui fait que toute personne qui y contreviendrait serait passible d’outrage au tribunal.

Le 1er mai, la Fédération des employés de services publics de la CSN avait annoncé que 44 de ses 63 syndicats dans 32 commissions scolaires feraient la grève durant une journée, le 15 mai. Le mandat qui avait alors été voté en est un de six journées de grève.

Donc, une «trentaine» de syndicats tiendront effectivement une journée de grève, mardi. Deux autres journées de grève doivent être tenues dans la semaine du 28 mai, a précisé M. Marcoux.

Le principal point en litige est la rémunération. Les chauffeurs d’autobus d’écoliers gagnent entre 20 000 $ et 25 000 $, parfois moins. Ils sont employés par des transporteurs privés, lesquels signent un contrat avec la commission scolaire pour dispenser le service. Et c’est le ministère de l’Éducation qui octroie les fonds aux commissions scolaires pour offrir le service.

Certains syndicats ont déjà conclu une entente de principe avec leur employeur respectif, parfois même sans avoir à débrayer.

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