Mario Beauregard

Pour accueillir les 300 autobus hybrides promis par la mairesse Valérie Plante d’ici 2020, la Société de transport de Montréal (STM) agrandira trois centres de transport, en plus de louer un bâtiment industriel et d’accélérer la cadence de chantiers. La facture de ces opérations s’élèvera à près de 800M$.

«Nous franchissons aujourd’hui une autre étape importante pour la réalisation de ce projet», a déclaré mardi la mairesse Valérie Plante en conférence de presse mardi, avec le président du conseil d’administration de la STM, Philippe Schnobb et le directeur général de la société de transport, Luc Tremblay.

Ces 300 autobus hybrides représentent l’une des principales promesses électorales de Valérie Plante lorsqu’elle était candidate à la mairie de Montréal l’automne dernier. En plus d’acheter les autobus, la Ville doit se doter d’infrastructures pour leur stockage et leur entretien.

Trois centres de transport déjà existants, ceux d’Anjou, de Legendre et de Saint-Laurent, verront leur capacité augmenter de 50 places pour 2020. La STM a également indiqué qu’elle louera un bâtiment industriel dans les environs de l’actuel centre de transport Stinson pour accueillir 50 autres appareils. Au total, ces opérations devraient coûter 170M$.

Avec les places déjà disponibles dans les différents centres de transports du réseau, 286 des nouveaux autobus trouveront un toit. Les 14 autres n’inquiètent pas M. Schnobb, qui a rappelé que l’entretien des véhicules devrait régulièrement libérer des places.

«On veut développer des solutions permanentes, à long terme, et des solutions temporaires pour faire le pont entre les différentes stratégies», a précisé M. Schnobb.

Philippe Schnobb a également présenté deux chantiers en cours. Le nouveau centre Bellechasse, dans Rosemont, qui accueillera plus de 200 autobus, devrait être mis en service en 2022, comme l’avait annoncé la STM l’été dernier. La construction d’un nouveau centre, situé à l’intersection de la rue Dickson et de l’avenue Souligny, devrait se terminer en 2023 plutôt qu’en 2025, afin de pouvoir accueillir plus vite 250 nouveaux bus.

L’achat de ces autobus nécessitera l’embauche de 600 chauffeurs et 200 employés d’entretien. En conflit avec la direction de la STM, qui exige plus de flexibilité dans leurs horaires, les agents d’entretien dénoncent de leur côté des conditions de travail précaires à cause du manque d’employé. Les négociations pour renouveler les contrats de travail sont encore en cours. La STM a d’ailleurs fait appel à un médiateur pour tenter de faire avancer les négociations avec les employés d’entretien.

L’ensemble de ces travaux coûtera près de 800M$. Questionnée sur ce montant, la mairesse s’est dite peu inquiète et a rappelé le soutien de la STM et du gouvernement du Québec dans la réalisation de ces projets de transit. Elle n’a par contre pas indiqué comment sera partagée la facture.

«Ça en vaut vraiment la peine, il faut trouver des solutions à court, à moyen et à long terme. C’est absolument nécessaire pour donner envie aux Montréalais d’utiliser les transports en commun. Il faut qu’il y ait assez d’autobus, qu’ils passent aux heures inscrites et que ce soit confortable», a souligné la mairesse.

Le chef de l’opposition officielle à l’hôtel de ville, Lionel Perez, a dénoncé une décision précipitée et un gaspillage d’argent. «On va devoir dépenser beaucoup plus que prévu. On n’a même pas parlé des coûts d’exploitation. On parle de 600 chauffeurs, du personnel d’entretien supplémentaire. La STM avait estimé ça à 75M$ par année», a-t-il dénoncé.

Pour M. Perez, la Ville aurait pu se passer de cette dépense de 200M$ pour 300 bus hybrides, quitte à attendre quelques années de plus pour que les centres de Bellechasse et de Dickson soient prêts, soit en 2022 et en 2025.

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