Josie Desmarais Lionel Perez

Ensemble Montréal veut que tous les postes de fonctionnaires à la Ville de Montréal soient ouverts en même temps à l’externe et à l’interne pour favoriser l’embauche de personnes issues des minorités visibles.

L’opposition officielle à l’hôtel de ville affirme que dans les dernières années, le taux d’embauche de minorités visibles se situe autour de 30% pour les nouveaux emplois, alors qu’il est de 18% pour les promotions, notamment à cause des règles qui obligent la Ville à réaliser un appel de candidatures à l’interne d’abord.

«Si nous voulons progresser, nous devons reconnaître que certaines de nos pratiques agissent comme des freins et des obstacles systémiques à l’embauche de personnes d’origines diverses», a déclaré mercredi le responsable en matière de ressources humaines à Ensemble Montréal, Richard Guay. En 2017, seulement 13 % des effectifs municipaux étaient issus des minorités visibles, tandis que ces même groupes comptent pour 30% de la population montréalaise.

Son parti déposera à la prochaine séance du conseil municipal une motion pour forcer la Ville à ouvrir en concomitance les postes à l’interne et l’externe. «Nous demandons au comité exécutif et aux syndicats de l’intégrer dans les prochaines conventions collectives. Pour les postes de cadre, il n’y aucune restriction. Donc, le comité exécutif peut agir d’emblée», a soutenu le chef de l’opposition, Lionel Perez.

L’administration de Valérie Plante a indiqué que la motion serait étudiée avec les groupes syndicaux. Le président du comité exécutif, Benoît Dorais, a soutenu qu’être un bon employeur était une priorité pour l’administration. «Depuis notre entrée en poste nous avons déjà entrepris plusieurs actions afin d’améliorer la diversité dans nos instances. Nous avons ainsi triplé le budget dédié au programme de parrainage professionnel pour la diversité», a-t-il affirmé dans une déclaration transmise à Métro.

Les principaux syndicats de la Ville de Montréal n’ont pas donné suite aux demandes d’entrevue de Métro mercredi. Toutefois, une telle mesure, qui devra être négociée dans le cadre du renouvellement des conventions collectives, provoquera assurément des réticences parmi les entités syndicales.

M. Perez a pour sa part dit qu’il y avait de l’ouverture. «Les syndicats vont vouloir faire avancer cet enjeu. [Ouvrir les postes à l’externe] est un débat fondamental pour les relations industrielles au Québec, mais nous, on pense qu’on est rendu là», a-t-il ajouté.

Selon lui, les pratiques mises en place ces dernières années après l’adoption en 2016 du Plan d’action pour la diversité en emploi, notamment de favoriser à compétence égale un candidat issu des minorités visibles, ont aidé, mais tout «avance trop lentement».

Toutefois, ouvrir les postes à l’externe ne garantit pas nécessairement plus de candidatures de personnes issues de minorités visibles a constaté Métro. Selon les données ouvertes de la Ville de Montréal, depuis 2016, 42% des postulants sur un poste ouvert à l’interne seulement sont issus de minorités visibles, alors que pour les appels qui sont faits aussi à l’externe, ce chiffre descend à 34%.

Ensemble Montréal se dit contre la «discrimination positive» et croit donc que l’embauche à l’externe est la meilleure solution, bien que cela n’aura aucun effet sur plusieurs corps de métier de la Ville, notamment les pompiers et policiers, qui recrutent déjà à l’externe.

«Ce n’est pas une solution miracle. C’est un geste concret et on croit qu’il amènera des résultats tangibles», a plaidé M. Perez, qui souhaite toujours que la «compétence prime» au moment de l’embauche.

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