Chantal Lévesque / Métro

L’administration montréalaise s’est réjouie mercredi de la volte-face de Québec dans le dossier des chiens dangereux. Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a annoncé que son projet de loi ne viserait finalement pas des races de chiens en particulier, un aspect que le parti Projet Montréal avait toujours déploré.

«Quand on fait des lois, il faut quand même que ce soit basé sur des faits objectifs. Alors, quand je n’ai pas de corroboration scientifique pour aller dans le sens de l’interdiction d’une race, je pense que c’est notre devoir d’en tenir compte», a déclaré mercredi M. Coiteux. Il s’est défendu d’avoir changé d’idée, estimant qu’il était normal que les projets de loi évoluent après les études menées en commission.

«On est contents, a réagi le responsable du dossier au comité exécutif de la Ville de Montréal, Craig Sauvé. Ils ont fait leur travail, ils ont rencontré des experts et ont conclu la même chose que nous, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de consensus scientifique pour interdire certaines races et que même si on le faisait, ça serait difficilement applicable.»

M. Sauvé ne croit pas que ce soit la position de Montréal qui a fait changer d’idée le ministre, mais que «la science et les experts ont influencé M. Coiteux et nous».

Craig Sauvé a indiqué qu’il allait analyser la nouvelle mouture du projet de loi, qui semblait, selon lui, aller dans le même sens que le nouveau règlement la Ville de Montréal. Celui-ci être déposé la semaine prochaine.

«On veut mieux contrôler et identifier les chiens qui sont sur le territoire pour avoir une meilleure sécurité», a ajouté M. Sauvé, qui ajustera le règlement en tenant compte des changements apportés par Québec à son projet de loi.

«On va avoir des mesures pour avoir des chiens en meilleure santé mentale et moins d’agressivité chez les chiens. On va tout faire pour s’assurer qu’il y a une meilleure sécurité et s’assurer que c’est applicable», s’est contenté de dire mercredi Craig Sauvé, ne voulant pas dévoiler le nouveau règlement.

Dès son arrivée au pouvoir en novembre, l’administration de Valérie Plante a révoqué le règlement qui interdisait l’achat de chiens de «type pitbull» sur le territoire montréalais. Dans cette mouture du règlement, ceux qui étaient déjà propriétaires devaient s’enregistrer, montrer qu’ils n’avaient aucun antécédent judiciaire et leurs chiens devaient porter une muselière à l’extérieur.

Ce règlement adopté par l’administration de Denis Coderre à la suite du décès de Christiane Vadnais, attaquée par un chien à Pointe-aux-Trembles en 2016, avait été vertement critiqué par la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux de Montréal (SPCA Montréal), des citoyens et Projet Montréal, alors dans l’opposition.

Le chef de l’actuelle opposition et ancien membre de l’administration Coderre, Lionel Perez, a maintenu la position de son parti Ensemble Montréal.

«Notre position est claire et elle n’a pas changé. Le ministre a décidé de se raviser, en soulevant qu’il n’y a pas de consensus scientifique. Nous, on dit que même s’il y a un doute, quand on parle de sécurité publique, on ne devrait pas prendre de risque», a affirmé M. Perez, qui était allé défendre son point de vue en commission parlementaire, à Québec.

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