Josie Desmarais/Métro La place d'Youville

Moins d’un an après la fin des fouilles archéologiques sur le site du premier parlement du Canada, la place d’Youville est un vaste espace vide. Si une exposition doit y être installée au cours des prochains jours, il faudra attendre jusqu’en 2022 pour avoir une installation permanente du Musée Pointe-à-Callière.

Les touristes du Grand Prix qui ont profité de leur séjour pour visiter le Vieux-Montréal ont peut-être visité un site classé patrimonial sans le savoir. Si elle n’est pas redevenue un stationnement municipal, la place d’Youville a ces jours-ci l’air d’un simple espace gazonné entouré de murets de béton.
On n’y voit aucun signe des années de fouilles archéologiques ou de l’exposition ouverte l’an dernier pour le 375e anniversaire de Montréal.

«C’est une situation temporaire, explique la directrice générale du Musée Pointe-à-Callière, Francine Lelièvre. L’entente qu’on avait avec la Ville, c’est qu’on mettait du gazon et qu’on remettait une exposition cet été. C’est en attendant de faire un aménagement à plus long terme.» Elle indique que les matériaux pour l’exposition arriveront au cours de la semaine, alors que la saison touristique est déjà bien entamée.

Seulement l’an dernier, la Ville de Montréal a accordé un soutien financier de 6 M$ pour terminer les fouilles sur le site où a été situé le premier parlement du Canada, de 1844 à 1849, année où il a été incendié.

«On veut que les gens voient ces vestiges importants. Pour les voir, il faut qu’il y ait de la transparence. On n’est pas dans un pays très chaud, on ne peut pas laisser les vestiges à l’air libre compte tenu de notre climat.» – Francine Lelièvre, directrice générale de Pointe-à-Callière

«L’objectif était clair: il fallait compléter les fouilles, on était rendus à la quatrième année, rappelle Mme Lelièvre. C’est un site historique de très grande importance nationale. On envisage de le mettre en valeur.» Près de 300 000 artéfacts ont été récupérés grâce à ces années de fouilles.

C’est dans ce but que les ruines ont été ouvertes au public l’été dernier. Toutefois, elles ont dû être recouvertes de sable pour l’hiver. «C’est pour préserver les vestiges, d’une part, et pour pouvoir faire des travaux, d’autre part. Si on veut faire une mise en valeur, il y a de la machinerie qui va devoir circuler là-dessus», soutient la directrice générale de Pointe-à-Callière.

Mme Lelièvre voit grand pour ce «dernier grand site archéologique à Montréal». «On aimerait rendre ça accessible avec un genre de pavillon transparent, au moins au rez-de-chaussée, pour que les gens puissent se promener et voir les vestiges. On veut intégrer le patrimoine, l’architecture et un jardin urbain» en s’inspirant du concept du Grand Quai, inauguré tout récemment et qui a pris la place de la jetée Alexandra.

Francine Lelièvre est consciente qu’il faudra financer ce nouveau pavillon avec des fonds publics. Celui du fort Ville-Marie, inauguré l’an dernier, a par exemple coûté 12,5 M$. «Ce qui est prévu dans les discussions, c’est une entente tripartite avec les deux gouvernements et la Ville de Montréal», explique-t-elle.

Mme Lelièvre révèle que ce projet figure parmi «la courte liste» des projets qui devraient être soutenus dans le cadre de l’entente à venir entre le gouvernement du Québec et Infrastructures Canada «dans les prochains mois». «Ma date, c’est qu’en 2022, ça devrait être ouvert au public», prévoit Francine Lelièvre.

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