Josie Desmarais

Les usagers du métro disposent encore de sept jours pour faire leurs adieux aux dernières voitures de métro MR-63. Avec cette mise hors service, c’est aussi la fin d’une époque technologique puisque la plus vieille pièce d’équipement date de la Seconde Guerre mondiale. Visite guidée de l’atelier Honoré-Beaugrand, qui s’apprête à tourner une page d’histoire.

Histoire
Les voitures MR-63 (Matériel-Roulant 63) portent l’année de la signature du contrat de leur acquisition. Elles ont toutefois été graduellement mises en service qu’en 1966, juste avant l’Expo 67. Le fabriquant britannique Vickers était aussi spécialisé dans les navires, d’où la présence d’une corne de brume comme klaxon. La Société de transport de Montréal (STM) a possédé jusqu’à 369 voitures MR-63, mais 33 ont été détruites lors de deux incendies dans les années 1970. Elles auront généralement roulé environ 4 millions de kilomètres. Depuis l’arrivée des Azur, les MR-63 sont graduellement retirés de la circulation sur la ligne verte pour être remplacés par des MR-73, qui circuleront jusqu’en 2036. L’atelier Honoré-Beaugrand ne manquera donc pas d’ouvrage d’ici-là.

Pièce mythique
Un train de trois rames compte six motrices pour un total de 24 moteurs. Chaque motrice est équipée d’un combinateur de démarrage. «C’est ça qui sert à contrôler les courants moteurs et à démarrer le train en douce», explique Martin Lemieux, le surintendant du garage Honoré-Beaugrand. La pièce qui a été fabriquée à l’époque de la Seconde Guerre mondiale a relativement peu changé depuis, si ce n’est que les 27 tiges de contact en amiante sont désormais faites de matériaux composites. Les voitures MR-73 de Bombardier utilisent, quant à elles, un hacheur de courant électronique, qui offre aux Montréalais le fameux timbre sonore à trois notes, et qui a été repris sur les trains Azur pour signaler la fermeture des portes.

Maudit strapontins
La pièce que les opérateurs de métro ne regretteront certainement pas avec le départ des MR-63, c’est le vieux strapontin. Selon une étude de l’Institut de recherche en santé et en sécurité au travail réalisée en 2015, les opérateurs de métro sont quatre fois plus à risque de souffrir de douleurs cervicales et lombaires à cause des vibrations. C’est dans les MR-63 que les vibrations sont les plus importantes.

Robots nettoyeurs
L’atelier Honoré-Beaugrand compte 12 contremaîtres et 150 employés chargés de l’entretien, des réparations et du nettoyage. Passer sous l’un des trains, c’est être témoin de la quantité de poussière qui s’y emmagasine. «C’est un mélange d’huile, de cheveux, de fibres de vêtements et de résidus produits par les frotteurs de masse négatif et positif», rapporte Martin Lemieux. Afin d’éviter que cette poussière n’endommage les systèmes électriques et électroniques des voitures de métro, la STM peut compter sur Fanuk, un système de quatre robots souffleurs qui nettoient chaque voiture en une vingtaine de minutes. La poussière est ensuite récupérée par un Rotoclône, un système de filtration par tourbillon d’air et pulvérisation d’eau qui permet ensuite de séparer eau, huile et poussière.

Adieu!
La dernière voiture MR-63 circulera sur chaque ligne de métro une dernière fois à l’heure de pointe du matin et du soir. Il sera sur la ligne jaune le lundi 18 juin, sur la verte le 19 juin, sur la orange le 20 et sur la bleue le 21 juin. L’heure exacte sera confirmée sur les réseaux sociaux de la STM.

 

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