Mario Beauregard/Métro Formule E à Montréal, 2017

En raison de l’annulation abrupte de la Formule E par l’administration de Valérie Plante, Formula E Operations limited (FEO) et Montréal c’est électrique (MCE) ont déposé une poursuite d’une valeur de 33 M$ contre la Ville de Montréal et la mairesse.

Cette requête a été faite jeudi devant la Cour supérieure. «La Ville ne peut pas simplement s’échapper de ses obligations et annuler l’ePrix sans conséquence, et dire qu’elle n’est pas liée par la structure [MCE] qu’elle a créée, imposée et contrôlée sur une période de plusieurs années», est-il écrit dans le document, selon plusieurs médias.

Le cabinet de la mairesse Plante a répondu que la Ville «rejet[te] les prétentions de la Formule E et entend contester celles-ci».

«Depuis le rapport du BIG [Bureau de l’inspecteur général], les Montréalais et Montréalaises en ont appris davantage sur les dessous de l’organisation de cet événement. Nous sommes persuadés que nous avons pris la bonne décision pour les contribuables mont­réalais, après l’échéance des contrats», a affirmé la mairesse.

Déjà en décembre, au lendemain de l’annonce de la fin définitive de la Formule E à Montréal, FEO avait indiqué avoir mis son service juridique sur le dossier.

Le contrat des droits de course qui liait FEO et Montréal concernait les ePrix de 2017, 2018 et 2019. Or, après une première édition marquée par des faibles ventes de billets et des pertes financières considérables pour la Ville, l’administration Plante a mis la hache dans les prochaines éditions quelques semaines après son arrivée au pouvoir.

Sans les chiffrer, la mairesse avait déjà affirmé que des recours judiciaires étaient possibles et que des pénalités pourraient s’appliquer après l’annulation des futures courses. À la fin du mois de mai, alors que Bureau de l’inspecteur général (BIG) présentait un rapport sur la Formule E, Valérie Plante avait indiqué, à propos des poursuites, qu’elle travaillait avec «les services juridiques dans ce dossier pour voir quelles sont les prochaines étapes».

Le rapport du BIG a révélé que la Ville de Montréal, et particulièrement le cabinet de l’ancien maire Denis Coderre, avait contourné les règles en créant MCE qui n’était en fait qu’une simple «courroie de transmission» entre la Ville et evenko, organisateur local de l’événement.

Le BIG rapporte qu’evenko savait avant la course que «peu importe le scénario retenu, la Formule E sera[it] largement déficitaire». «Les chiffres avancés varient entre 11M$ et 20M$ de déficit pour chacune des trois années», indique le rapport.

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