Daniel Lambert, Coalition vélo de Montréal

Projet Montréal avait fait la promesse, pendant la dernière campagne électorale, d’agir «dans de meilleurs délais» sur des lieux d’un accident mortel impliquant un piéton ou un cycliste pour sécuriser les lieux. Or, un mois après l’accident qui a couté la vie à la cycliste Valérie Bertrand Desrochers dans l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie, l’intersection est restée la même. Coalition vélo de Montréal exige que la nouvelle administration tienne ses promesses et agisse rapidement.

«Il y a des choses qui auraient pu être facilement faites depuis un mois, a lancé jeudi le porte-parole de la coalition, Daniel Lambert. On comprend que la Ville a voulu faire une investigation complète et un rapport du coroner, mais il y a déjà beaucoup de choses qui fonctionnent très bien et qui fonctionnent ailleurs et qu’on peut faire pour améliorer la sécurité à cet endroit-là.»

D’après M. Lambert, la Ville aurait facilement pu reculer la ligne d’arrêt des véhicules à l’intersection de la 19e avenue et de la rue Saint-Zotique, où l’accident est survenu, ou même peindre un sas pour vélo sur le sol ou améliorer la signalisation pour prévenir les automobilistes de la présence de vélos à cette intersection. Pour la Coalition, toutes ces solutions ne nécessitent pas d’investissements majeurs.

L’organisme Vélo Québec, qui conseille régulièrement l’administration montréalaise sur les questions de vélos, approuve les idées de la coalition, mais il pointe du doigt la lenteur administrative de la Ville, «une machine lourde» qui rend n’importe quel marquage de peinture au sol très long à réaliser.

La chargée de programme à Vélo Québec, Magali Bebronne a soutenu  qu’il faudrait surtout améliorer «de façon systémique» la manière dont la Ville gère ses interventions dans les aménagements urbains

«On est au mois de juillet et l’ensemble des bandes cyclable n’ont même pas été repeinte. Il faut garder à l’esprit que la priorité, c’est de refaire des marquages en blanc. Ça ne devrait pas être compliqué. Il faudrait arriver changer ça», a-t-elle soutenu.

Mme Bebronne affirme avoir eu des échos positifs de la Ville, qui s’attèlerait à simplifier ce genre d’interventions.

L’attaché politique du comité exécutif de Montréal, Youssef Amane, a affirmé à Métro que la Ville avait modifié la configuration de l’intersection formée par le rue Saint-Zotique et la 19e avenue il y a quelques mois et qu’il faut maintenant «voir de façon plus globale comment parvenir à atteindre une cohabitation sécuritaire entre tous les utilisateurs». Il a ajouté que l’arrondissement a procédé à plusieurs modifications d’aménagement «pour l’ensemble des utilisateurs».

Le porte-parole de la Coalition vélo de Montréal a aussi rappelé que les camions sont surreprésentés dans les accidents mortels de cycliste et qu’à long terme, la Ville devrait trouver des solutions. Vélo Québec aimerait pour sa part que Montréal s’inspire de Londres, qui a établi une liste de pondération pour évaluer les angles morts des camions. Tous les camions qui auront des angles problématiques seront bannis de la capitale anglaise.

L’attaché politique du comité exécutif de Montréal a répliqué que la Ville a amorcé une réflexion sur la cohabitation entre les poids lourds et les utilisateurs vulnérables, sans donner plus de détails.

La Coalition vélo de Montréal reste pour l’instant sceptique devant la nouvelle administration, même si la formation politique de Valérie Plante semble faire preuve de bonne volonté, a dit Daniel Lambert. Ce dernier souhaite maintenant que les actions suivent. Il regrette notamment la faible part de pistes cyclables protégée, qui ne représentent que 30% de celles annoncées dans le plan vélo 2018-2019, alors que Projet Montréal avait promis de privilégier ce type d’aménagement au détriment de simples marquages au sol.

M. Lambert salue toutefois le projet du Réseau Express Vélo (REV), un vaste réseau de piste cyclable protégée promis par Projet Montréal, qui va selon lui dans la bonne direction. «Il ne suffira [toutefois] pas à augmenter le taux de déplacement à vélo à 15% [tel que projeté par l’administration], a avancé le porte-parole de la Coalition vélo de Montréal. 

Actuellement, ce taux de déplacement à vélo s’élève à 2,5% sur l’île de Montréal, selon l’enquête Origine-Destination de 2013. Cette étude est réalisée tous les cinq ans. Magali Bebronne, de Vélo Québec, croit que les chiffres de cette année devraient être bien plus élevés qu’en 2013.

Quatre cyclistes sont morts l’an dernier à Montréal. Pas moins de 657 adeptes du vélo ont subi des blessures légères et 32 ont été gravement blessés. Cette année, Valérie Bertrand Desrochers est pour l’instant la seule cycliste à avoir péri sur la route dans la métropole.

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