CRE-Laval Le marais à proximité du golf Islemère a été remblayé en 2005 dans la controverse par l’entreprise Petra, propriété du non moins controversé Giuseppe Borsellino. À droite, une photo avant 2003. À gauche, le marais en 2010.

De 2010 à 2012, 22 hectares de milieux humides ont disparu sous les pelleteuses des promoteurs à Laval. Des environnementalistes dénoncent la mollesse du ministère de l’Environnement et du Développement durable (MDDEP) et celle de la municipalité.

Actuellement, à Laval, il reste, en zone développable, 175 milieux humides intacts totalisant 204 hectares. «Cela représente un déficit de 38 % par rapport à la superficie qu’occupaient les milieux humides en 2004», a dénoncé hier en conférence de presse Guy Garand, DG du Conseil régional de l’environnement de Laval (CRE-Laval).

Les milieux humides, tels que les étangs, les marécages et les tourbières, ont une valeur écologique. Ils hébergent plusieurs espèces, servent de zone tampon en cas d’inondations et filtrent les polluants présents dans l’eau. Lorsqu’un promoteur veut construire sur un milieu humide, il doit obtenir un certificat d’autorisation de la part du MDDEP.

«Le problème, c’est que les fonctionnaires du MDDEP ne jouent pas leur rôle de protection. De 2004 à 2012, ils ont reçu 122 demandes de certificat d’autorisation concernant Laval. Ils en ont approuvé 82 %», déplore Me Jean-François Girard, membre du Centre québécois droit de l’environnement.

Sans compter que plusieurs promoteurs ont détruit ou altéré des milieux humides sans même demander de certificat d’autorisation. Le CRE-Laval a dénombré 25 cas d’infractions ces deux dernières années, sans que les autorités ne sévissent.

Quand il délivre un certificat d’autorisation pour détruire ou altérer un milieu humide, le MDDEP exige désormais une compensation. Cette dernière peut être monétaire (et servir à aménager d’autres milieux humides) ou prendre la forme d’un don de terrain.

Mais bien souvent, il n’y a même pas de compensation, dénonce M. Garand, chiffres à l’appui. Ainsi, en 2010, sur les 104 hectares disparus ou altérés à Laval, 30 n’auraient pas fait l’objet de compensation, note le CRE-Laval, qui demande un moratoire sur la construction en milieux humides. Il n’a pas été possible de recueillir les commentaires, ni du nouveau ministre de l’Environnement, ni de la Ville de Laval.

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