Josie Desmarais/Métro Le président fondateur de Fierté Montréal, Éric Pineault, lors de l'annonce de la programmation.

Le festival Fierté Montréal proposera cette année une 12e programmation d’abord et avant tout axée sur la diversité et la parité, a annoncé le comité organisateur lundi.

Du 9 au 19 août prochain, ce sont plus de 200 artistes qui se succéderont au cours des 150 activités et des 12 grands spectacles gratuits offerts dans la métropole, particulièrement sur la rue Sainte-Catherine, dans le Village.

Parmi les artistes attendus, on note la présence de Deborah Cox, Todrick Hall, Calum Scott, Mia Martina, Samantha Fox ou encore Ada Vox. Bon nombre d’artistes locaux se joignent également à la fête, dont Milk&Bone, Patsy Gallant, Laurence Nerbonne, Sylvie Desgroseilliers ou encore Tamara Weber-Filion.

«Nous sommes extrêmement fiers de la programmation étalée sur 11 jours de célébrations, a indiqué lundi le président fondateur de l’organisme, Éric Pineault, au cours d’un point de presse tenu à l’Écomusée du fier monde. Cette année, on mise sur la diversité et la parité.»

Le président a profité de l’occasion pour assurer que son festival continuera, cette année, à «se positionner sur des enjeux émergents liés à nos communautés». «On souhaite à ce titre souligner la formation anti-oppression qui est obligatoire cette année pour tous les employés et bénévoles», a-t-il expliqué.

Tout au long du festival, des messages de sensibilisation seront également affichés aux abords des scènes, dans le but de faciliter la compréhension des festivaliers envers plusieurs causes que défend Fierté Montréal. Une priorité sera de plus accordée au mouvement féministe et à «toutes les femmes, sans exception aucune», qui seront placées à l’avant-scène du défilé cette année.

Une aide financière imposante
La ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Christine St-Pierre, était sur place, lundi matin, pour le dévoilement de la programmation. L’élue libérale a annoncé du même coup l’octroi d’une aide financière de plus de 1,28M$ en soutien à la réalisation de ce festival.

«Il faut continuer de sensibiliser les États à travers le monde à cette dure réalité à laquelle font face, jour après jour, les membres de la communauté LGBT», a-t-elle lancé, avant d’être chaudement applaudie par la foule.

Récemment, le ministère de Mme St-Pierre a proposé de mettre en place un réseau international francophone en faveur de la protection des droits des personnes issues de la diversité sexuelle et de genre. Une annonce du premier ministre Couillard, en juin dernier, confirmait cette volonté gouvernementale par une subvention de 4M$ sur cinq ans à Montréal International, qui gère le projet au Québec.

«Fierté Montréal en sera un important partenaire, a avoué la ministre, en s’adressant directement aux membres du groupe. Vous faites rayonner Montréal et vous démontrez l’engagement envers la communauté LGBT d’ici et d’ailleurs. Il faut continuer de mobiliser nos réseaux diplomatiques pour lutter contre l’homophobie et la transphobie.»

Un poste d’émissaire en droits et libertés de la personne a d’ailleurs été créé l’an dernier pour contribuer à une promotion «plus intensive» de l’égalité hommes-femmes et des droits de la communauté LGBT un peu partout dans la province.

«Encore beaucoup à faire»
Près de 30 ans après les manifestations en réaction au raid du Sex Garage — celles qui ont mené à l’émergence des célébrations entourant le festival montréalais — «il reste encore tant à faire pour la libération et l’inclusion de la diversité sexuelle et de genre dans notre société», croit l’organisation.

«Nous pouvons être fiers du chemin parcouru sans toutefois oublier qu’il reste du travail à faire. Nous avons le devoir de continuer à bâtir un Québec plus juste, équitable et inclusif», a d’ailleurs reconnu le premier ministre Philippe Couillard lundi, dans un communiqué, en félicitant le festival pour sa «grande contribution» à l’atteinte de ces objectifs.

Dans un document paru au début du mois d’août, Fierté Montréal se positionne sur plusieurs enjeux liés à la diversité en 2018, dont les personnes autochtones, les familles LGBTQ+, les parents trans, les personnes trans migrantes ou encore la question du VIH/SIDA.

Très attendu, le leader et mobilisateur au sein de la communauté LGBTQ+ kényane, Kennedy Olango, a lui aussi fait vibrer les planches de l’Écomusée du fier monde, lundi matin. «C’est ma première fois au Canada et j’adore», a-t-il lancé, le sourire aux lèvres, provoquant rires et applaudissements dans la foule.

«On ne peut pas dire chez moi qu’on a l’espace d’être, de connecter, qu’on a cette liberté de socialiser, qu’on a cette liberté de s’identifier sexuellement, comme un gai ou comme une lesbienne notamment», a-t-il déploré, visiblement ému. Il en a profité pour louanger les progrès réalisés au Canada dans les dernières années en matière de droits de la communauté LGBT.

«On est chanceux d’être ici aujourd’hui, devant des caméras, et de pouvoir parler publiquement de ces réalités qui nous sont chères», a renchéri le président là-dessus.

Le féminin plus visible
Sur place, la militante et membre de la communauté Cuir de Montréal, Dominique Lavergne, a livré un poignant témoignage. «Quand tu t’identifies comme femme de cuir, t’as pas de place dans un bar cuir. Quand j’ai fais une levée de fonds en mars, on est venu me dire qu’il y avait trop de filles. Et on est à Montréal. C’est pour ça que je suis là, pour donner la place aux femmes, et je n’ai pas fini.»

Rappelons que, dans le cadre du festival Fierté Montréal, plusieurs organisations lesbiennes québécoises se sont unies lundi pour créer, dans le cadre d’un concours, un nouveau drapeau de rassemblement pour les femmes de la diversité sexuelle, «qui demeurent trop souvent dans l’ombre», a souligné la coalition.

Une fois qu’il sera hissé sur le site du parc des Faubourgs, le 12 août prochain, le drapeau gagnant du concours servira de point de rencontre féminin tout au long des festivités.

Le concours n’a pas pour but de diviser les identités LGBTQ+ ou encore de renier le drapeau irisé, a poursuivi la coalition, mais bien de donner un pouvoir aux femmes, celui d’investir l’espace public et d’être visible au même titre que les hommes.

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