Steve Côté/Métro La ligne rouge démontre le tracé du pipeline Trans-Nord dans la région de Montréal.

Le controversé pipeline Trans-Nord, qui approvisionne l’aéroport Montréal-Tudeau, fait l’objet d’un arrêt préventif et non planifié depuis vendredi, a confirmé l’Office national de l’énergie (ONÉ).

Le propriétaire de ce pipeline vieux d’une soixantaine d’années, Pipelines Trans-Nord, veut effectuer des inspections et d’éventuelles corrections en six endroits dans la portion du pipeline menant à l’aéroport, selon le quotidien Le Devoir.

«Conformément aux attentes réglementaires, la société a avisé les intervenants fédéraux, provinciaux et municipaux ainsi que les propriétaires fonciers touchés», a indiqué le porte-parole de l’ONÉ, Marc Drolet. Ce dernier a précisé que «l’entreprise effectue actuellement des inspections (fouilles d’intégrité) et des travaux d’entretien sur certaines sections de cette ligne». «Les travaux typiques d’entretien dans de ce genre de cas comprennent la pose de nouveau revêtement ou l’installation d’un manchon sur le pipeline. Plus rarement, des tronçons de pipeline sont remplacés», a-t-il ajouté en précisant qu’aucune fuite n’avait été signalée.

Interrogée, la Ville de Laval a fait savoir que deux des interventions avaient lieu sur son territoire, dont dans un marais en bordure de la rivière des Mille-Îles et l’autre sur un terrain d’Hydro-Québec. La Ville de Montréal qui est elle-aussi concernée indique qu’elle «suit la situation de très près» sans toutefois dévoilé de site. Selon des informations, une partie de l’arrière cour de l’entreprise Matrox située à Dorval aurait été excavée, mais sans qu’aucune fuite n’ait été détectée.

Du côté de l’aéroport Montréal-Trudeau, qui consomme environ 3,9 millions de litres de carburant chaque jour, cette fermeture implique de se tourner vers un approvisionnement par camion. «Lorsque le pipeline n’est pas disponible, un système de déchargement de carburant par camion-citerne est mis en place afin d’assurer la continuité des opérations.

Dans ces cas, de 45 à 50 camion-citerne sont nécessaires, par jour, en moyenne, pour assurer l’approvisionnement de l’aéroport», indique Eva Falk Pedersen, porte-parole de la Corporation internationale d’avitaillement de Montréal. Selon Le Devoir, cela représenterait plutôt de 112 à 260 camions supplémentaires quotidiennement.

Au moment de publier, il n’avait pas été possible de savoir exactement combien de temps le pipeline resterait fermé. L’entreprise a précisé par courriel que «trois excavations ont été réalisées et trois autres sont en cours et devraient être terminées prochainement. Nous nous attendons à pouvoir bientôt reprendre les activités normales du pipeline».

Le pipeline Trans-Nord est celui qui a connu le plus d’avaries ces dernières années au Québec. Depuis 2008, il a été la cause de six des 13 incidents de pipelines recensés au Québec. Plusieurs écologistes dont Steven Guilbeault et Daniel Green demandent plus de transparence afin de pouvoir connaitre le détails de ces travaux.

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