Denis Baumont/Métro Les détenteurs d’iPhones peuvent découvrir ou redécouvrir les lieux de l’Expo 67 à l’aide d’une application comprenant des photos d’époque et des entrevues inédites, au coût de six dollars.

À l’époque de l’Expo 67, on trouvait à Montréal, dans le pavillon des États-Unis, le plus grand escalier mécanique du monde. Voilà le genre d’anecdotes à saveur historique et architecturale qui fourmillent dans l’application Expo 67/Portrait sonore, qui vient d’être lancée.

Imaginée par l’architecte Sophie Mankowski, l’application comprend une cinquantaine de photos d’époque, ainsi que des entrevues inédites avec des artistes et des architectes qui ont contribué à façonner le site.

La balade qui dure deux heures, est mise en musique par Antoine Bédard, alias Montag, qui a notamment fait appel au groupe britannique Broadcast. Chaque trame sonore a été composée en fonction de l’architecture propre à chaque pavillon ou en fonction des œuvres d’art qui parsèment encore le site. «Pour le pavillon des États-Unis, occupé aujourd’hui par la Biosphère, je voulais qu’on perçoive l’aspect majestueux, le côté minimaliste, et qu’on ressente les mathématiques derrière la structure», explique Antoine Bédard. Et ça marche! Casque sur les oreilles, tête vers le ciel, on se surprend à redécouvrir la géométrie remarquable du dôme géodésique qui, 48 ans plus tard, reste un des plus remarquables au monde.

Mais que reste t-il aujourd’hui de l’énergie qui se dégageait du lieu à l’époque? Plus grand-chose, regrette M. Bédard. Un des exemples les plus frappants est le sort qui a été réservé au pavillon du Québec, qui sert aujourd’hui d’annexe au Casino.

À l’époque, son architecture audacieuse avait été soulignée par la presse internationale. Sa façade est orientée vers le ciel pour refléter le bleu plutôt que les façades des autres édifices. Le pavillon est proche de celui de la France. Mais les Québécois n’ont visiblement pas aimé le concept souverainiste, et le bâtiment a assez rapidement été laissé à l’abandon avant d’être racheté par Loto-Québec en 1994. «Ils ont transformé le vitrage pour le faire ressembler à un lingot d’or», note Montag. Le pavillon du Québec n’est toutefois pas le plus mal loti (voir à gauche).

Malgré tout, les autorités municipales et gouvernementales auront l’occasion de se rattraper. En 2017, ce sera l’occasion de fêter le 375e anniversaire de la fondation de Montréal, le 150e anniversaire de la Confédération canadienne et le 50e anniversaire de l’Expo, l’occasion idéale pour faire sortir leur chéquier aux différents paliers politiques.

  • Que sont-ils devenus?

1. Le pavillon de la Corée
Sa toiture en rondins de bois servait encore récemment d’abribus.

2. Le pavillon du Québec
Le bâtiment, symbole des débuts de la Révolution tranquille, représente aujourd’hui le mirage de l’argent facile et sert d’extension au Casino depuis 1994.

3. Le pavillon de la Tunisie
Les portes d’entrée en cèdre ont disparu, le bassin d’eau a été remblayé, et il fut un temps où le bâtiment servait de casse-croûte.

4. Le pavillon américain
Il sert de musée dédié à l’environnement, mais sa vocation est remise en question par Ottawa, qui voudrait y établir des bureaux.

5. La place des Nations
Cet édifice où la reine a fait son discours d’ouverture tombe en ruine et sert de lieu de stockage pour les barrières
métalliques.

Pour télécharger l’application : http://portraitsonore.net/

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