La place des Montréalaises, aux abords de la station de métro Champ-de-Mars, sera finalement un «pré fleuri» en plan incliné qui recouvrira la bretelle d’autoroute vers la rue Saint-Antoine et reliera l’espace public au Vieux-Montréal.

«La place des Montréalaises va contribuer à réparer la coupure entre le Vieux-Montréal et le centre-ville de Montréal», s’est réjouie la mairesse de Montréal, Valérie Plante, jeudi, lors de l’annonce du projet lauréat du concours international d’architecture pour cette place.

Ce concours avait été lancé l’an dernier, après le recouvrement de l’autoroute Ville-Marie entre l’avenue de l’Hôtel-de-Ville et la rue Sanguinet, un legs du 375e anniversaire de Montréal, offert par le ministère des Transports du Québec.

Le projet mis de l’avant par l’équipe de Lemay architecture, SNC-Lavalin et l’artiste Angela Silver servira donc à la fois de place et de passerelle vers le Vieux-Montréal. Cet espace sera agrémenté de divers types de fleurs pour ressembler à un pré et le nom de 21 grandes Montréalaises y sera gravé, dont Jeanne Mance, Marie-Joséphine Angélique pour rappeler l’esclavagisme, et des 14 victimes de la tuerie de Polytechnique.

«Pour nous, la diversité était une de nos priorités. Nous voulions refléter le fait que Montréal appartient à tous. Les gens pourront en apprendre plus sur ces femmes, qui ont parfois des histoires méconnues», a indiqué la présidente du Conseil des Montréalaises, Dorothy Alexandre, qui a supervisé le choix des femmes qui seront honorées. Des citations marquantes seront aussi gravées dans les pots accueillant les fleurs de la place.

De nombreux arbres seront plantés près de la rue Viger, au nord, des pavillons seront érigés pour accueillir notamment un café et une galerie d’art, et un amphithéâtre multifonctionnel sera aménagé sous le plan incliné.

Selon le jury, c’est le grand plan incliné qui a permis à l’équipe de Lemay de se démarquer des autres concurrents. «Pour nous, le concept est celui d’une seule pierre, a spécifié Andrew King, associé principal à la conception. Ça résout beaucoup de problèmes urbanistiques autour du site, mais il y avait plusieurs défis, notamment avec le passage au-dessus de la rue Saint-Antoine.»

Ce plan incliné a d’ailleurs permis de ne pas créer de tunnel pour la sortie de l’autoroute Ville-Marie, ce qui a fait économiser 12M$ à la municipalité, portant ainsi la facture à 62,4M$. «Nous avons une façon très moderne et intelligente de faire les choses différemment. On sauve de l’argent et, au lieu d’avoir un tunnel, nous avons une belle place. C’est une situation gagnant-gagnant», a affirmé Mme Plante.

Les automobilistes circuleront donc sous la dalle, et pourront voir le dessous de la structure.

La Ville a d’ailleurs souligné que la voie piétonne, qui reliera désormais le Champs-de-Mars à la station de métro au Champ-de-Mars, derrière l’hôtel de ville, serait accessible universellement. Des rambardes de sécurité seront installées et l’équipe d’ingénierie assure que la dalle résistera aux vibrations des camions. «La durée de vie de la place est de près 100 ans et on prévoit ajouter des structures pour assurer la durabilité de l’ouvrage», a précisé Samir Gouider, de SNC-Lavalin, qui agit à titre de coordonnateur ingénierie pour le projet.

Cette nouvelle place sonnera le glas du tunnel Champ-de-Mars qui sera détruit. Les travaux s’échelonneront sur deux ans à partir de 2020.

Maquette de la place des Montréalaises

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