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Ce texte est une mise à jour par rapport au texte publié dans l’édition papier du 14 septembre.

Le conseiller municipal de Snowdon, Marvin Rotrand, souhaite que la Ville de Montréal fasse pression sur le futur gouvernement du Québec pour qu’il augmente les taxes sur le tabac, qui sont les moins élevées au pays.

M. Rotrand demandera à ses collègues du conseil municipal de se prononcer sur cette orientation lundi, ainsi que sur une hausse de l’âge minimal pour l’achat de produits du tabac à 21 ans. «Mon rôle comme conseiller municipal est limité, mais je crois que les motions sur la santé publique sont extrêmement importantes pour le conseil municipal. Le tabac tue plus de Montréalais que les fusils et nous avons adopté une position très ferme sur les armes de poing», a soutenu M. Rotrand.

Celui-ci a donné l’exemple de motions sur la cigarette électronique ou les boissons sucrées, qui ont incité Québec à légiférer dans le passé. La directrice régionale de santé publique, Dre Mylène Drouin a signifié son appui à la motion de M. Rotrand en exhortant dans une lettre la mairesse Valérie Plante de l’appuyer.

Du côté de l’administration on a répondu à Métro que la motion était à l’étude, mais Marvin Rotrand a indiqué qu’il était «confiant» d’obtenir l’unanimité au conseil de lundi.

«J’invite tous mes collègues fumeurs du conseil municipal à donner l’exemple en essayant d’arrêter de fumer dans les 12 prochains mois.» –Marvin Rotrand

Le directeur des relations gouvernementales pour la Fondation des maladies du cœur, Kevin Bilodeau, assure que la taxation est «une mesure des plus efficaces pour diminuer le taux de tabagisme». «L’inaction gouvernementale tue des gens et coûte cher aux contribuables», soutient-il. M. Bilodeau rappelle que le tabagisme tue 45 000 Canadiens par an. Kevin Bilodeau espère de son côté que la motion sera adoptée et qu’elle ajoutera «un peu de piquant dans la campagne électorale».

Québec souhaite que la part de fumeurs dans la province, qui est actuellement autour de 18%, passe sous les 10% d’ici 2025. L’analyste principal des politiques à la Société canadienne du cancer, Rob Cunningham, juge que sans taxation, Québec n’atteindra jamais sa cible. «On ne peut pas y arriver sans que Québec augmente les taxes de manière importante», assure-t-il.

Celui-ci ajoute qu’il est «inévitable» que les provinces canadiennes augmentent l’âge minimal d’achat à 21 ans. «Six États américains l’ont fait parce que ça diminue la consommation chez les adolescents. Quand un jeune est près de l’âge minimum, un détaillant est susceptible de lui vendre [du tabac]», plaide-t-il. Toutefois, selon lui, il ne serait pas nécessaire de faire de même pour le cannabis, qui a moins de conséquences néfastes sur la santé.

Un point que l’industrie du tabac considère comme une contradiction dans la position des groupes contre le tabagisme. «Si on veut avoir un débat sur à quel âge les gens deviennent des adultes, ça doit être plus large que seulement la cigarette, a déploré le directeur principal des affaires générales et réglementaires chez Imperial Tobacco, Éric Gagnon, en entrevue avec Métro. Si l’objectif est la santé publique et protéger nos jeunes, je pense qu’il y a de sensibilisation qui peut assurer que les jeunes comprennent les risques associés au tabagisme.» Celui-ci ajoute qu’il n’est pas contre une hausse de taxes, mais qu’une augmentation rapide ne ferait qu’encourager la contrebande.

M. Gagnon juge que les lois québécoises ne permettent pas de «parler de produits moins nocifs, comme la cigarette électronique». «Tant qu’on ne pourra pas en parler, les gens vont continuer à fumer des cigarettes [traditionnelles]. Le gouvernement du Canada a dit que l’objectif est d’atteindre 5% [de fumeurs] en 2035, nous on dit qu’on peut être plus bas que ça avant 2035. C’est réalisable si le gouvernement permet aux entreprises qui font des produits moins nocifs de communiquer avec les consommateurs», a-t-il plaidé.

La directrice administrative de la Preventing Tobacco Addiction Fondation – Tobacco 21, Katherine Ungar, a pour sa part soutenu en conférence de presse vendredi que la cigarette électronique est presque aussi nocive que la cigarette régulière, en plus d’être une porte d’entrée vers le tabac pour les jeunes. «L’industrie du tabac continue de cibler les adolescents, a-t-elle dénoncé. La plupart des des jeunes sous-estiment le dommage que ces produits peuvent causer et une fois initié à la cigarette électronique, ils passent ensuite à la cigarette traditionnelle.»

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