Josie Desmarais/Métro

Près de 1000 usagers du transport en commun ont déjà abandonné la ligne de train de banlieue de Deux-Montagnes, à cause des retards et des annulations de passages. Cette desserte, qui transporte chaque jour 15 000 personnes, roule au ralenti depuis le début des travaux du Réseau express métropolitain (REM), en juin dernier.

La baisse de l’achalandage, estimée à 6%, pourrait continuer de s’accroître dans les prochains mois. C’est une bonne nouvelle pour Exo, puisque d’ici 2020, l’ensemble des 15 000 utilisateurs quotidiens devront se tourner vers des alternatives, soit le réseau de bus ou de métro. D’autres pourraient décider d’utiliser leur voiture. Exo et ses partenaires communiqueront à la fin de l’année les mesures alternatives qui seront mises en place après 2020.

«On a besoin de demander à des usagers de prendre des alternatives, puisque quatre départs ont été retirés. Cette baisse reflète le fait que des usagers essaient ces alternatives», a déclaré le porte-parole du REM, Jean-Vincent Lacroix.

Exo avait annoncé en juin dernier qu’il ne peut pas garantir la ponctualité des trains durant les travaux d’aménagement du REM, et ce, jusqu’à ce qu’une portion de la ligne Deux-Montagnes soit totalement hors service, en 2020.

Face à la colère de plusieurs usagers, qui doivent régulièrement faire face à des retards, des annulations ou des trains bondés, Exo, le bureau de projet du REM et l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) ont demandé aux usagers de s’adapter à cette réalité, et d’utiliser d’autres moyens de transport.

Quatre départs par semaines ainsi que l’ensemble des trains de la fin de semaine ont été supprimés depuis juin.

La Société de transport de Montréal (STM) a par exemple mis en place cet été la ligne de bus 968 qui roule les fins de semaine à partir de la gare Roxboro-Pierrefonds jusqu’à la station Côte-Vertu.

«Il y a sept gares. Pour chacune des gares. il y a des lignes de bus. L’ensemble des lignes de bus ont la capacité pour accueillir les usagers, mais ça demande un changement d’habitude. On est conscient que ça n’arrive pas du jour au lendemain», a soulevé la porte-parole de la STM, Isabelle Tremblay.

Un trajet de la gare Roxboro-Pierrefonds jusqu’à la gare Centrale prend 28 minutes en train de banlieue. Le trajet alternatif proposé par Exo, incite les usagers à prendre la ligne de bus 213 ou 468, qui met 50 minutes à arriver à la station Côte-Vertu. Trente minutes de métro sont ensuite nécessaires pour arriver à la gare Centrale. Le trajet est donc presque trois fois plus long.

Pour Trajectoire Québec, un organisme qui promeut le transport collectif, ce type d’alternatives ne permettra pas de convaincre les usagers. «On pense que les alternatives auraient pu être plus efficaces que celles mises en place», a déclaré le directeur de l’organisme, Philippe Cousineau-Morin, à Métro. Selon lui, des voies réservées pour autobus auraient été la meilleure solution. Il a cependant salué la décision d’annoncer d’ici la fin de l’année les mesures qui seront mises en place lorsque la ligne Deux-Montagnes n’accédera plus à Montréal, en 2020. D’ici là, M. Cousineau-Morin espère que le moins possible d’usagers se tourneront vers la voiture.

«Ceux qui vont utiliser leurs voitures, il y a des chances qu’on les perde pour un certain nombre d’années. Personne ne sera gagnant avec ça», a-t-il déploré.

Mercredi, plusieurs usagers mécontents des retards et inquiets des impacts du REM manifesteront devant le siège social d’Exo. Ils souhaitent être entendus par les candidats à l’élection provinciale sur les impacts du projet du REM et le manque de consultation des usagers des trains de banlieue.

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