À la veille d’une séance d’information publique organisée par la Ville de Montréal sur la sécurité des piétons et des cyclistes, la métropole compte depuis dimanche un nouveau vélo fantôme, installé pour rendre hommage à Valérie Bertrand Desrochers, happée mortellement par un camion en juin dernier.

C’est le second vélo fantôme posé à cet endroit en souvenir de la cycliste, puisque le précédent a disparu il y a quelques semaines. Cette fois, c’est le vélo personnel de Valérie Bertrand Desrochers qui a été accroché à l’angle de la rue Saint-Zotique et de la 19e Avenue, lieu où un chauffeur de camion a percuté la cycliste en tournant à droite à l’intersection.

Pour la porte-parole de l’organisme Vélo fantôme, Hélène Lefranc, qui a accroché dimanche ce huitième vélo à Montréal, le geste symbolique va permettre aux usagers de la route de se rappeler de la vulnérabilité des cyclistes, mais aussi des piétons.

«On veut marquer les lieux, pour ne pas que cet accident soit banalisé, pour qu’on se souvienne qu’il y a eu un décès ici et pour sensibiliser les passants», a-t-elle déclaré.

Alors que les citoyens pourront se rendre lundi soir à partir de 19h à l’hôtel de ville pour émettre des commentaires ou poser des questions sur l’enjeu de la sécurité des piétons et des cyclistes, l’organisme Vélo fantôme, qui participera à cette consultation, estime que les solutions existent déjà et qu’il faut maintenant agir.

«C’est la mise en œuvre de solutions qui pose problème, a soutenu la porte-parole. [La Ville] ne fait pas rien, elle avance: la rue où a eu lieu l’accident de Mme Bertrand est intéressant parce qu’elle a été modifiée, il y a des bandes cyclables et des nouveaux arrêts», a-t-elle ajouté, estimant que le vrai problème vient surtout des poids lourds, surreprésentés dans les accidents mortels, que ce soit pour les piétons ou les cyclistes. «Ce n’est pas contre les chauffeurs, mais on leur met entre les mains des outils qui les rendent aveugles», a-t-elle dénoncé.

Mme Lefranc prône une approche similaire de Londres ou de Seattle, où les camions sont classés en fonction de leurs champs de vision. Les plus problématiques sont bannis des rues de la ville.

En juillet dernier, la Ville s‘était dit être «en réflexion» afin de trouver une solution à la cohabitation entre les poids lourds et les usagers vulnérables (piétons, cyclistes), mais rien n’a été mis en place à l’heure actuelle.

Les poids lourds ou les autobus ont été impliqués dans 38% des décès de cyclistes et dans 32% des décès de piétons à Montréal de 2011 à 2015, selon les données de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ).

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