Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a subi de nombreuses critiques lundi dans une séance de la commission de la sécurité publique sur la sécurité des piétons et cyclistes. Les citoyens présents ont accusé le service de police de ne pas viser assez les automobilistes pour assurer la sécurité des usagers les plus vulnérables.

«Vous faites porter la responsabilité sur le piétons et cyclistes des dangers auxquels ils font face», a soutenu Lynda Khelil.

Le Dr Patrick Morency, de la direction régionale de santé publique de Montréal, a exhorté le SPVM à faire «évoluer ses pratiques» en ciblant davantage les automobilistes que les comportements à risque des piétons et des cyclistes.

À la base de ses critiques se trouve la présentation du service de police, qui mentionnait seulement les principaux comportements à risque des piétons et des cyclistes, et non ceux des automobilistes, qui ont mené à des collisions.

«Ce qu’on a voulu illustrer, ce sont les interventions policières auprès des piétons et des cyclistes. Ce sont les principales infractions, a défendu le commandant à la tête de la division de la sécurité routière, Sylvain Dubois. On ne voulait pas mettre la faute plus sur un usager que sur un autre.»

Le commandant a aussi soutenu que beaucoup plus de constats d’infraction sont remis à des automobilistes, soit plus 400 000, qu’à des cyclistes (12 644 en 2017) ou à des piétons (23 861).

Concernant la nouvelle disposition du code de la sécurité routière (CSR), qui oblige «à faire preuve d’une prudence accrue à l’égard des usagers plus vulnérables» en respectant notamment une distance entre voitures et cyclistes ou entre voitures et piétons, le SPVM a indiqué être toujours en période de formation de ses policiers.

«Le SPVM prévoit l’achat de quelques systèmes pour mesurer les distances. Nous allons en tester quelques-uns l’an prochain pour effectuer des campagnes de sensibilisation et avec l’émission de constat d’infraction», a dévoilé le commandant Dubois, qui n’était pas en mesure d’indiquer si de tels constats avaient été émis depuis l’entrée en vigueur du nouveau code, en mai.

Plusieurs citoyens ont jugé qu’il y avait un problème de priorisation dans les opérations du SPVM, qui fait notamment des «trappes à cyclistes» pour les réflecteurs. «Ce n’est pas la majorité de nos constats, seulement 827 en 2017, a rappelé M. Dubois. On peut être d’accord ou non, mais [les réflecteurs] contribuent grandement à la sécurité des cyclistes. Tant que l’obligation va exister, les policiers vont continuer d’intervenir.»

Répondant à une question de la conseillère d’arrondissement du district De Lorimier, Josefina Blanco, le commandant a confirmé que les cyclistes pourraient recevoir une infraction par réflecteur manquant, selon l’interprétation de la loi faire par le SPVM. «Si on applique le CSR, chaque réflecteur est indépendant et vous pourriez avoir une infraction pour chaque réflecteur manquant. Mais on compte sur le jugement de tous et ça ne devrait pas se produire comme ça», a-t-il affirmé.

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