Mario Beauregard/Métro Formule E à Montréal, 2017

L’homme d’affaires Alexandre Choko, qui souhaitait organiser les courses de Formule E à Montréal,  estime avoir été écarté par l’administration de Denis Coderre. Il poursuit la Ville de Montréal pour 3M$.

«L’équipe du maire Coderre, fautivement et abusivement, s’est assurée qu’evenko obtienne la promotion de l’événement, au détriment de toutes les règles applicables à l’attribution des contrats publics […] et au détriment du demandeur», soutient la partie de M. Choko dans sa demande introductive d’instance déposée la semaine dernière au Palais de justice de Montréal.

Dans son récit des événements, Alexandre Choko dit qu’il avait eu des discussions avec les dirigeants de la Formule électrique, notamment sur le montant du contrat pour la course et sur la réalisation d’études de faisabilité. Le promoteur avait même consulté l’homme d’affaires Alexandre Taillefer pour le conseiller sur le budget de la course et les partenaires financiers potentiels.

Mais en mai 2015, Formula E Operation Limited (FEO) informe M. Choko par courriel que le maire Coderre est «inconfortable avec les discussions entre Choko, et Formula E Holdings et que toutes les discussions futures auront lieu exclusivement entre Formula E Holdings et le maire».

«C’est une facture aux Montréalais et c’est très dommage. On va se battre pour ne pas qu’on enlève encore plus d’argent aux Montréalais, ça suffit, ils ont assez payé pour la Formule E.» –Valérie Plante, mairesse de Montréal

Les allégations de l’homme d’affaires se basent aussi fortement sur le rapport «très révélateur» du Bureau de l’inspecteur général de Montréal (BIG) remis en mai dernier au conseil municipal.

Celui-ci a en effet rapporté que le maire Denis Coderre avait «contourné les règles» dans le dossier de la Formule E en intervenant personnellement entre evenko et FEO pour imposer le choix d’evenko comme promoteur.

«Le maire a tenu ce promoteur exclu [Alexandre Choko] de la possibilité d’organiser l’événement et a exigé que les représentants de FEO ne transigent qu’avec son cabinet, alors qu’ils avaient déjà amorcé des pourparlers avec cet autre promoteur», rapportait le BIG après son enquête.

M. Choko estime qu’il a été privé de «son droit d’être considéré dans un processus d’appel d’offres» et avoir subi un «important préjudice» et réclame 3M$, ce qui représente les revenus estimés par le promoteur s’il avait organisé les courses de Forumle E pendant trois ans à Montréal.

En réalité, la course n’aura finalement eu qu’une seule édition à Montréal.

Seulement 15 000 billets ont été vendus pour l’événement et ce fiasco a en partie contribué à la défaite électorale de Denis Coderre aux élections municipales de 2017.

Rejoint par Métro, l’ancien maire de Montréal n’a pas voulu commenter cette nouvelle action judiciaire en lien avec les courses de Formule E.

Aussitôt arrivée en poste, l’administration de la mairesse Valérie Plante a annulé le contrat de trois ans qui liait la Ville de Montréal à FEO.

À cause de cette rupture de contrat, l’organisation de course automobile a lancé en juin une poursuite de 33M$ contre la Ville. «La Ville ne peut pas simplement s’échapper de ses obligations et annuler l’ePrix sans conséquence», allègue FEO dans sa requête.

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