Yves Provencher/Métro Le campus de l'Université McGill.

Le département des affaires autochtones de l’Association étudiante de l’Université McGill appelle à une manifestation «pacifique» le 31 octobre pour sommer l’établissement de changer le nom des Redmen. Le nom que portent les équipes masculines sur le campus a déjà porté préjudice à plusieurs étudiants originaires des Premières Nations, selon le groupe.

«Le nom Redmen continue de manifester des effets sociologiques et émotionnels incroyablement négatifs sur les étudiants autochtones, et il est temps que McGill agisse», a notamment écrit l’organisation via son événement Facebook, auquel pas moins de 1200 personnes étaient déjà intéressées lundi soir.

Plusieurs internautes approuvaient déjà fortement l’idée de l’association, sur la Toile. «Il n’y a pas de raison pour qu’on ne soit pas tous des Martlets», a dit l’un d’eux, en faisant référence au nom des équipes féminines de l’Université McGill.

Aux dires du département des affaires autochtones , l’utilisation historique des termes «Indiens» et «Squaws» de McGill – des noms jadis attribués à l’équipe universitaire – «s’est avérée préjudiciable aux expériences des étudiants autochtones de [l’Université]» au fil du temps.

Le groupe dit plutôt vouloir aborder la réalité historique «légitime» du nom des Redmen et appelle ses membres à rejoindre son rassemblement sur les marches du bâtiment James.

«Si vous convenez qu’il est temps de mettre fin à l’utilisation d’un nom enraciné dans des conceptions racialisées et stéréotypées des peuples autochtones, veuillez ajouter votre voix pour réclamer un changement immédiat.» – Le département des affaires autochtones de l’Association étudiante de l’Université McGill.

L’Association des étudiants en travail social de McGill s’est elle aussi dite solidaire à la cause en appuyant la manifestation. «Nous avons le devoir de nous lever, de mettre en valeur et d’amplifier la voix des étudiants autochtones sur notre campus. Nous encourageons tous nos membres à y assister», a indiqué le groupe, soulignant que les cours en travail social se termineront plus tôt pour permettent aux membres d’assister à la manifestation.

Le cas des Redmen de McGill n’est pas sans rappeler celui des Redskins de Washington, dans la NFL, dont le nom sème la controverse un peu partout aux États-Unis depuis quelques années.

Des précédents
Ce n’est pas la première fois que les discussions entourant le changement de nom des Redmen surgit sur le campus de l’Université McGill. Dans les dernières années, la direction de l’établissement a plaidé que l’appellation n’a aucun lien de causalité direct avec les peuples autochtones. Les Redmen ne signifieraient, selon la direction, rien de plus que des athlètes en uniforme rouge.

Une vision que ne partage pas du tout le commissaire aux Affaires autochtones de l’association étudiante, Thomas Jirousek. Sur sa page Facebook, il invite lui aussi les étudiants à se faire entendre durant la manifestation et à signer la lettre ouverte de son groupe, qui devrait paraître en ligne sous peu. Lui-même rameur d’aviron, l’étudiant en science politique est l’un des seuls athlètes autochtones de l’Université McGill.

Un rapport traitant de l’enseignement et des études autochtones recommandait d’ailleurs à l’université montréalaise, l’an dernier, de lancer une consultation dans la communauté en vue du changement du nom des équipes des Redmen. Cela a poussé la direction à mettre sur pied un groupe de travail pour se pencher sur la question.

Le rapport de ce comité d’analyse doit être publié au plus tard le 6 décembre prochain. «Le Groupe de travail entend mener de larges consultations au sein de la communauté mcgilloise, y compris chez les diplômés. De même, il prendra le pouls de diverses communautés représentatives de la population montréalaise», lit-on à ce sujet dans un document publié sur le site de l’Université McGill.

Les professeurs impliqués sur ce comité s’inspireront, selon le document, d’exercices similaires entrepris ailleurs, dans les universités Yale et Dalhousie notamment.

«À l’aube de notre bicentenaire – en 2021 –, l’heure est à la réflexion et à l’imagination […] En marge des célébrations de ces deux siècles de réalisations, nous devons poser un regard critique sur notre parcours», écrit aussi le Groupe de travail.

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