Facebook Des enfants-participants au Designathon de Montréal en 2017.

Et si on écoutait davantage les idées des enfants en matière d’environnement, et plus particulièrement de développement durable? C’est ce que propose le Global Children’s Designathon 2018, qui se tiendra samedi à la Biosphère de Montréal, pour renverser la tendance.

Ce jour-là, pas moins de 30 jeunes élèves âgés de 7 à 12 ans proposeront des solutions à des problèmes spécifiques de l’ère moderne, qui seront ensuite évaluées et jugées par un jury composé d’adultes et d’enfants. Le tout dans une formule ludique mais sérieuse, promet l’organisation.

L’événement s’inscrit dans une perspective plus large. Samedi, une trentaine de villes dans le monde participeront à l’activité, qui en est à sa 4e édition internationale et à sa 2e édition à Montréal. Le phénomène est répandu aux quatre coins du globe: en Asie, en Afrique, en Amérique (du Nord et du Sud) et sur le vieux continent européen.

Dans la métropole, l’activité est organisée en collaboration avec la Fondation du Grand Montréal et la Maison de l’innovation sociale, qui ont tous deux lancé l’appel à la mobilisation dans leurs réseaux, permettant une représentation de la population très diversifiée, plaide le comité organisateur.

Métro a discuté avec la fondatrice de l’organisme chargé d’organiser le rassemblement montréalais Rym Baouendi, qui voit en cette journée l’opportunité pour la jeunesse de libérer sa parole et de faire entendre ses idées, trop souvent négligées selon elle dans l’espace public.

Quels objectifs sociaux, pédagogiques ou encore environnementaux poursuivez-vous avec le Designathon?
L’idée, c’est d’exposer les enfants à des enjeux du développement durable et de les accompagner dans une démarche où ils peuvent faire part de leurs idées pour résoudre des problèmes tangibles. Cette année, on met de l’avant la thématique de la déforestation. Et dans chaque ville participante, les enfants vont réfléchir à l’enjeu et aux solutions envisageables.

«Les jeunes vont même créer un prototype avec des matériaux de récupération et des composantes électroniques. Au bout du compte, ils doivent vraiment expliquer comment ça fonctionne. Le tout est ensuite présenté devant une audience complète, ce qui ajoute à la pression et à la formation.» – Rym Baouendi, organisatrice du Designathon de Montréal.

D’où vient l’idée, initialement, d’avoir choisi d’impliquer les enfants sur l’enjeu de l’environnement plus particulièrement, un thème général qui se répète d’année en année?
On pense que, vu leur créativité et leur sens de l’empathie, les jeunes peuvent être porteurs d’idées nouvelles et intéressantes pour la société. Il faut simplement leur donner la plateforme pour exprimer et interagir librement. Pourquoi pas, ensuite, cocréer des solutions avec les adultes? On pose rarement la question aux enfants dans les débats publics… et pourtant, on devrait. On ne part pas de nulle part non plus. On s’appuie sur les Objectifs en développement durable (ODD) des Nations unies, puis on engage la discussion. Et c’est surprenant le niveau des jeunes.

Que faites-vous avec les prototypes des enfants après le concours? Sont-ils réutilisés ou mis à profit?
Souvent, les jeunes veulent les emmener avec eux à la maison, car ils en sont fiers. Mais on est en train de voir, avec les fondateurs, s’il y a moyen de pousser le prototypage au niveau suivant. Parce qu’il y a des solutions qui fonctionnent vraiment. L’an passé, on a d’ailleurs exposé une solution liée à l’eau, qui était le thème de la troisième édition. On discute avec nos partenaires afin de faire quelque chose de similaire sur une base plus constante, pour porter l’idée des jeunes dans le milieu écologique et économique notamment. En ce moment, plusieurs idées sont aussi présentées à un organisme international, au World Economics Forum, en Suisse. L’an dernier, ce sont 18 idées qui se sont rendues jusque-là, ce qui n’est pas rien.

Et voyez-vous une tendance environnementale se dessiner dans les projets de vos participants, au fil du temps?
Oui, quand même, mais les mentalités changent, et ça se voit au plus près de la source. On peut faire plusieurs constats avec les jeunes sur notre époque quand on le fait dans une démarche d’éducation, d’information et quand on leur demande leur avis. On ne leur donne presque jamais l’opportunité de dire et de réfléchir. Ils en sont frustrés parfois, les jeunes. Ça prend cette énergie de se demander: «Est-ce que moi je peux faire quelque chose?» On en ressort, les jeunes comme les adultes, avec beaucoup de confiance pour l’avenir. Ça donne des jeunes motivés. Et c’est une belle transformation du discours, puisque les enfants, eux-aussi, ont un rôle à jouer pour créer le futur.

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