La Presse canadienne

Le député d’Hochelaga-Maisonneuve de Québec solidaire (QS), Alexandre Leduc, a estimé mardi qu’un changement de culture «s’impose» au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) et qu’un sérieux chantier «doit être entrepris pour rétablir la confiance du public envers les corps policiers».

Celui qui est également porte-parole du parti de gauche en matière de justice sociale et de sécurité publique réagissait ainsi au rapport de l’administration provisoire de Martin Prud’homme, publié plus tôt dans la journée.

L’administration actuelle du SPVM tirera sa révérence à la fin de l’année, comme prévu. Dans son rapport final sur la réorganisation de la police de la métropole, le directeur du service de police montréalais recommande clairement deux possibles nouveaux directeurs, soit ses adjoints, Line Carbonneau et Sylvain Caron.

Mais pour Alexandre Leduc, le plus important est que le rapport «confirme que le SPVM ne répond pas à son obligation légale en matière de formation des enquêteurs».

«On y apprend que la police est illégale. C’est troublant! Comment les gouvernements ont-ils pu tolérer ce laxisme?» -Le député solidaire d’Hochelaga-Maisonneuve, Alexandre Leduc, sur le rapport de l’administration provisoire du SPVM.

Il pointe ainsi directement en la direction des 261 policiers-enquêteurs – sur un total de 753 – qui exercent selon lui une fonction d’enquêteur illégitime, sans détenir de diplôme de formation ou de qualifications officielles en la matière.

À l’Assemblée nationale, Québec solidaire indique qu’il réitèrera, «comme l’an dernier», qu’il faut «enfin» considérer la nomination d’une personne «civile» à la tête du SPVM. «Le temps de rétablir le climat de confiance», a justifié l’aile parlementaire de la formation politique, par voie de communiqué en soirée.

Aux yeux du député solidaire, «que le prochain chef ne devrait pas provenir de l’interne du SPVM est une évidence». «Mais est-ce que ce doit être exclusivement l’une des deux personnes pressenties par M. Prud’homme? Peut-être pas», a-t-il renchéri.

Il estime que, «comme les problèmes sont encore très présents», il demeure encore pertinent, en 2018, de nommer une direction entièrement civile, qui pourrait provenir même d’une autre culture, «avec un regard différent». «Cela aiderait à mettre de côté une fois pour toutes les guerres de clans à l’interne», a affirmé l’ancien conseiller à la recherche de la FTQ.

De son côté, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, a accepté mardi la recommandation de M. Prud’homme de considérer seulement les deux adjoints issus de l’externe. «C’est un besoin de stabilité et de continuité, a-t-elle justifié. Je suis très heureuse de ce qui a été fait dans la dernière année.»

«On a senti le climat s’apaiser au SPVM. [Il faut] s’assurer de ne pas retomber dans les vieux patterns», a-t-elle ajouté. «Malgré les succès du redressement, les changements restent fragiles», a-t-elle avancé, rappelant la situation de «guerre de clans» qui prévalait l’an dernier à l’interne.

Selon le chef de l’opposition, Lionel Perez, ce processus est «précipité». Il relate avoir été contacté lundi soir pour nommer un élu sur le comité, alors qu’il n’avait pas encore pu lire le rapport. «Le processus est beaucoup plus amorcé [que ne le laisse entendre la mairesse]. J’avais demandé un retard de 24 heures avant de procéder à un comité de sélection, ça m’a été refusé», a-t-il déploré.

Valérie Plante prévoit que la nomination sera entérinée au conseil municipal du 19 novembre. Or, entre-temps, le dossier doit être évaluer par la commission de la sécurité publique et par le comité exécutif.

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