Collaboration spéciale Le MaaS, version Helsinki

Le projet pilote de forfait métro-vélo-taxi-autopartage ne sera finalement pas testé dès cet automne, mais l’idée chemine, confient certains des intervenants impliqués.

Actuellement, 308 employés des société de transport de Montréal (STM) Laval, Longueuil et d’exo testent un billet unique permettant de se déplacer aussi dans tous les réseaux de transport en commun de la métropole, avec une facturation mensuelle proportionnelle au degré d’utilisation.

«Cette solution de module billettique constitue la pierre d’assise d’une « mobilité comme service » (Mobility as a service ou MAAS). En effet, lorsque le module billettique sera complètement implanté pour la clientèle, il sera lié aux données bancaires de chaque client et celui-ci sera facturé selon l’usage des services de transport collectif», explique Philippe Déry, le porte-parole de la STM.

Avant de lancer un appel d’offres, probablement l’été prochain,les sociétés de transport impliquées devront sonder leurs «cobayes» et mieux comprendre les contraintes et les opportunités d’un tel système.

«Ce compte billettique pourrait donc permettre, à terme, l’intégration des autres modes de transport durable», ajoute M. Déry en faisant référence à BIXI, Communauto, Netlift, Téo, et le Bureau du taxi de Montréal. Ces organisations travaillent ensemble à créer un forfait de mobilité multi-transport nommé Céleste. En juin, lors de l’annonce de collaboration, le président de la STM, Philippe Schnobb, avait dit vouloir lancer un projet pilote à l’automne.

Ce projet sera toutefois plus long à réaliser. «C’est complexe, chaque système de transport a ses propres tarifs, une technologie différente et il faut aussi s’entendre sur comment partager les revenus», mentionne notamment M. Déry. Malgré tout, une dizaine de rencontres ont déjà eu lieu pour déterminer, par exemple, comment les différents partenaires pourraient travailler ensemble pour absorber le flux d’usagers coincés par un arrêt de service prolongé du métro.

Celui qui a vulgarisé, il y a 20 an,s le concept de cocktail transport, Michel Labrecque, ne s’inquiète pas de ce délai. «On n’est pas à six mois près», lance l’ancien président du CA de la STM. M. Labrecque souligne que Montréal est très bien positionnée compte tenu de force de son réseau de transport collectif et la variété des offres complémentaires de mobilité.

S’il n’avait pas prévu l’importance que joueraient les applications cellulaires, Il voit désormais ces dernières comme un ingrédient indispensable au cocktail, car elles permettent d’assurer une continuité harmonieuse entre les modes de transports lors d’un déplacement, en minimisant les pertes de temps, tout en simplifiant les paiements et en donnant l’information nécessaire en cas de retards imprévus par exemple.

Face aux arbitrages nécessaires entre organisations parfois concurrentes du cocktail transport, l’application Transit, une startup montréalaise, veut se positionner comme l’arbitre neutre. On pourrait pourquoi pas aussi imaginer dans le futur qu’elle offre un package jumelant différents mode de transport, sachant qu’elle propose déjà de jumeler différents modes de transports pour optimiser ses déplacements.

La startup montréalaise a d’ailleurs annoncé lundi avoir reçu 17,5M$ US de deux firmes d’investissement partenaires  de Renault/Nissan et Jaguar/Land-Rover. L’argent servira à perfectionner ses outils technologiques et à établir de nouveaux partenariats. L’application est déjà utilisée. dans 175 villes.

Mais avant d’en arriver là, Transit déploiera un système d’achat de billets de transport en commun par téléphone intelligent dans une municipalité de l’Ontario. «Quand ce genre de technologie sera mis en place, on peut ensuite l’étendre à d’autres villes», indique Sam Vermette, co-fondateur de Transit.

Pour Michel Labrecque, le fait que de grands constructeurs automobiles dans des starups telles que Transit est le signe que le règne de l’auto appartenant à un seul propriétaire est sur le point de s’achever. «Le point de bascule sera l’arrivée des voitures autonomes, qui dès 2025 pourront ramener les usagers du transport en commun à la maison», dit-il avant de lancer une prévision: «D’ici 2040, les états interdiront aux gens de conduire eux-même leur auto sur certaines autoroutes», conclut l’ctuel président de la Régie des installation olympiques qui teste actuellement une telle navette actuellement sur son site.

Convaincre!
Actuellement, 15 automobilistes sont invités à modifier leurs habitudes de transport au cours d’une expérimentation menée par la STM.

  • Ils font l’essai d’une semaine de BIXI, d’une semaine de bus et de métro ainsi que d’un week-end en Communauto.
  • Objectif: évaluer à quelles conditions ils abandonneraient l’auto.

 

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