Josie Desmarais/Métro Lionel Perez, chef d'Ensemble Montréal

Le leader de l’opposition officielle, Lionel Perez, a condamné jeudi l’administration de Valérie Plante en affirmant qu’elle «insulte l’intelligence des Montréalais» avec son nouveau budget en endettant les générations futures.

La croissance des dépenses «est déraisonnable», car elle «frôle près de 10% en deux ans seulement, du jamais vu», a déploré le chef d’Ensemble Montréal. Le parti se dit «très préoccupé» par des chiffres qu’il qualifie d’astronomiques.

La mairesse Valérie Plante et le président du comité exécutif Benoit Dorais «font exploser la dette à un niveau record» avec ce nouveau budget, selon M. Perez.

«La Ville va devoir emprunter davantage, ce qui peut affecter sa note de crédit. Ça va faire augmenter les coûts d’emprunt à la longue.» -Lionel Perez, chef de l’opposition officielle

Le fait que la Ville ait pris contact avec des agences de crédit démontre, selon le porte-parole de l’opposition, «que la préoccupation est sérieuse». «C’est la première fois qu’on fait appel à la dérogation pour la gestion de la dette. C’est très troublant. On voit qu’il y a une tendance qui se maintient et qui se confirme», a-t-il ajouté.

L’incapacité de l’administration à limiter les coûts a une conséquence «désastreuse» selon lui, la Ville dépassant la limite «qu’elle s’est elle-même fixée dans sa politique de gestion de la dette», a-t-il noté.

Son collègue Alan DeSousa, qui est aussi maire de Saint-Laurent, a abondé dans le même sens. Il estime que l’administration Plante fait fausse route en augmentant les dépenses.

«Montréal vit un boom économique. On serait donc tenté de profiter des nouveaux revenus pour augmenter les dépenses. Au contraire. Il faut engranger les revenus pour l’avenir. Projet Montréal préfère utiliser la carte de crédit et ne se gêne pas pour dépasser la limite.» -Alan DeSousa, maire de Saint-Laurent

Des critiques à la tonne
La nouvelle taxe de l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM), qui générera des revenus de 11M$ selon la Ville, doit aussi être remise en question, selon l’opposition. «On va y penser pendant l’étude du budget parce qu’on se demande pourquoi créer cette nouvelle taxe», a dit Lionel Perez.

Ce dernier a de nouveau attaqué la mairesse Valérie Plante pour le non-respect de certaines de ses promesses. «On a vu la mairesse, pendant les 24 dernières heures, qui a répété qu’elle n’avait pas brisé sa promesse, que le budget de l’an passé n’était pas le sien, qu’il en était un de transition. Pourtant, elle est prête à crier victoire sur les réalisations de ce budget. Elle n’assume pas ses décisions. Quand on gouverne, c’est avec le bon et le mauvais.»

L’augmentation des taxes de 1,7% pour les immeubles résidentiels et de 1,3% pour les non-résidentiels n’aurait même pas dû avoir lieu, plaide Ensemble Montréal. «Un véritable gel de toutes les charges fiscales aurait été préférable, surtout que cette augmentation comprend une hausse de 1% de la taxe de l’eau, qui s’ajoute à celle de 1,1% en 2018», écrit le parti dans un communiqué.

La «propension à dépenser» du parti de Valérie Plante s’observerait aussi dans la hausse des effectifs municipaux, qui se traduit par près de 439 années-personnes [le temps qu’un employé peut donner en un an dans son secteur] en plus pour 2019, selon M. Perez. «L’administration précédente, [Équipe Denis Coderre] avait réussi à réduire le nombre d’employés de 850 en quatre ans. Nous perdons peu à peu tous les gains des dernières années», a-t-il constaté.

Le fait de dire qu’il est maintenant possible de payer ses taxes en 11 versements au municipal est «une fausse nouvelle», selon M. Perez. «C’est présentement possible, pour autant qu’on soit prêts à payer les intérêts, a-t-il dit. C’est une autre erreur, un autre manque de rigueur.»

Malgré ses nombreuses déceptions, l’opposition s’est tout de même dite heureuse que sa demande d’appliquer aux immeubles non résidentiels un taux de taxation moindre pour le première tranche de valeur foncière de 500 000$ «ait été entendue, même s’il aura fallu un an» pour la mettre en place.

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