Josie Desmarais/Métro Sylvain Caron

Le chef désigné du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Sylvain Caron, ne s’en cache pas : l’organisation peut encore s’améliorer sur plusieurs plans. Il espère en faire «un service de confiance, intègre et transparent» au cours de son mandat, si sa nomination est entérinée.

Vendredi après-midi, à l’hôtel de ville de Montréal, M. Caron a présenté la vision globale de direction qu’il adopterait d’ici les prochains mois devant les élus de la commission de la sécurité publique. L’exercice s’est fait devant public, une première dans la métropole.

Quelques dizaines de citoyens s’étaient déplacés pour l’occasion afin d’avoir l’opportunité de s’adresser directement au policier de carrière.

«Ma vision s’inscrit dans celle de [Martin] Prud’homme, [le chef intérimaire du SPVM] parce que j’y adhère. On a besoin d’une continuité, d’une stabilité, mais j’aspire aussi à ce que le SPVM fasse l’envie de plusieurs organisations policières canadiennes, en étant plus représentative de ses citoyens.» -Sylvain Caron, chef désigné du SPVM, en début de discours.

L’ancien membre de la Sûreté du Québec (SQ) a dit vouloir poursuivre «dans cette voie tracée» pour intervenir et «continuer le bon travail» dans plusieurs dossiers, comme les relations avec les peuples autochtones, le proxénétisme et l’exploitation sexuelle ou la ville sanctuaire, «pour ne nommer que ceux-là».

Disant souhaiter «une meilleure collaboration avec les autres corps de police», M. Caron a prévenu qu’il fera appel au travail d’équipe d’abord. «Je parle de tous les acteurs, de nos partenaires, des citoyens. Tout le monde doit être impliqué pour concrétiser cette vision-là», a-t-il dit.

Malgré de «bonnes améliorations» à l’interne, le SPVM peut encore innover sur plusieurs plans, notamment celui de sa relation avec le public, a reconnu le chef de police désigné par la Ville de Montréal.

Avant lui, le chef intérimaire du SPVM, Martin Prud’homme, avait reconnu devant la commission que la préparation de la relève n’était pas toujours bien organisée à l’interne. «Il faut qu’on soit capable de mieux préparer notre avenir», a-t-il expliqué, justifiant sa volonté de recruter son successeur à l’externe «pour des raisons de stabilité organisationnelle».

«On a un climat positif. Il n’était pas question pour moi de retourner dans des processus de course à la chefferie, comme on a vécu dans le passé», a-t-il indiqué. «L’an passé, on parlait de choses négatives, et cette année, on se concentre sur ce qui va bien. Je considérais devoir aller chercher quelqu’un hors de l’organisation pour que ça continue», a insisté Martin Prud’homme.

Sylvain Caron et Martin Prud’homme. Photo: Josie Desmarais/Métro

Des remises en question
La coordonnatrice de la Ligue des droits et libertés, Eve-Marie Lacasse, a questionné Sylvain Caron sur d’importants manquements, dénoncés ces derniers jours, qui ont été commis par plusieurs policiers du SPVM, en marge des enquêtes indépendantes du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI). «Qu’est-ce vous comptez faire comme chef ?», a-t-elle demandé.

«Nos policiers qui intervenaient lors d’un événement le faisaient de bonne foi, a répondu M. Caron. Souvent, entre le moment de notre arrivée et celle du BEI, il peut se passer plusieurs heures. Pendant ce temps-là, nos policiers prenaient des témoignages. Oui, ils dérogeaient aux règles, mais dans un but d’efficience et d’efficacité.»

Il estime que la situation est «aujourd’hui clarifiée». «Tout est en train de se replacer. Il faut comprendre qu’avant l’arrivée du BEI, en 2016, il y avait déjà des procédures établies. Donc, il faut s’adapter», a-t-il renchéri.

D’un ton grave, un citoyen s’est carrément plaint de «corruption systémique» entre le SPVM et l’Hôtel de Ville. «Vous ne faites pas votre travail. Vous laissez des bandits dans la police, a-t-il déploré, s’adressant directement à Sylvain Caron. Vous n’êtes pas disponibles, vous n’êtes pas accessibles. Moi j’ai été abusé par des policiers, et je n’ai jamais eu de rapport.»

L’homme a été escorté par la sécurité à l’extérieur de la salle. «On parle de politiques publiques ici, ce n’est pas le but de la commission», a justifié le président de la commission, Alex Norris.

«Je ne suis pas du tout à l’aise avec le fait qu’un citoyen accuse des élus de corruption», a laissé entendre le maire de Ville Mont-Royal, Philippe Roy.

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