Collaboration spéciale La passerelle reliant les tours jumelles aurait une vue avantageuse sur la place des Festivals

Le projet immobilier de construction de tours jumelles d’une valeur de 700M$ dans le Quartier des spectacles n’a pas été autorisé par les autorités municipales. La Ville n’a pas hésité à évoquer un «stunt publicitaire».

«Le promoteur a voulu lancer son projet dans l’espace public avant même de l’avoir présenté aux instances en arrondissement. Je pense qu’ils voulaient faire un coup d’éclat», a affirmé jeudi Robert Beaudry, l’élu responsable du développement économique.

En début de journée, les promoteurs Devimco et Fiera ont annoncé en grande pompe l’érection de deux tours résidentielles de 51 et 53 étages comprenant quelque 1000 condos et 500 logements locatifs sur le site de l’ancien Spectrum, avec une passerelle reliant les bâtiments pour une vue avantageuse sur la place des Festivals. Le début des travaux est prévu pour la fin de 2019.

M. Beaudry a expliqué que tout projet d’envergure doit passer par le comité consultatif d’urbanisme (CCU), où siègent des élus ainsi que des architectes et des urbanistes. Une consultation publique devra aussi être tenue. À tout moment dans ce processus, qui n’est pas encore en marche pour le projet de Devimco et Fiera, des modifications peuvent êtres demandées au promoteur.

Des logements «abordables»
Ces nouveaux édifices comporteraient une partie de logement abordable, soit environ 135 unités sur un peu plus de 900. Leur prix? 200 000$ pour un studio d’environ 300 pieds carrés, et 250 000$ pour un appartement avec une chambre à coucher d’environ 600 pieds carrés. Pour la location, le loyer oscillerait entre 1000$ et 3000$ par mois pour des logements de taille similaire.

«On se classifie dans les critères, soit 15% de logement abordable, même si on n’y est pas obligé, mais on le fait sur une base volontaire», a précisé le président de Devimco immobilier, Serge Goulet.

Abordable, donc? «Je n’y crois pas», a rétorqué l’urbaniste Pierre J. Hamel, chercheur à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS). «Pour les familles, ça sera plus cher, aux alentours de 400 000$ à 500 000$». M. Hamel a rappelé qu’il n’y a pas non plus d’offre de services pour les familles dans le secteur.

Par le passé, le promoteur Devimco a réalisé de nombreuses constructions dans Griffintown sans aider à y implanter des services, comme des écoles. Ce promoteur, qui gère également le chantier de l’ancien site de l’Hôpital de Montréal pour enfants, avait décidé en mars dernier qu’il serait impossible d’y construire une école.

Pour sa part, Robert Beaudry a réitéré la volonté de l’administration Plante de garder les familles au centre-ville. «Ce n’est pas un projet comme celui-là qui va changer cette volonté. On regarde les projets un à un, comme on le fait toujours, avec le processus décisionnel normal.»

Un terrain inoccupé
L’espace où seraient érigées les tours se trouve en partie sur le site de l’ancien Spectrum, au coin de rues Sainte-Catherine et de Bleury, et sur la rue Jeanne-Mance. Le terrain appartient au Fonds immobilier de solidarité FTQ, qui tente depuis plusieurs années de trouver preneur.

«On essayait d’avoir un immeuble à bureaux à cet endroit. On faisait des soumissions, mais les acheteurs préféraient l’Ouest de la ville», a expliqué le PDG du Fonds, Normand Bélanger.

En 2012, un projet de tour à bureaux avait été annoncé par Canderel, qui s’est finalement retiré l’été dernier.

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