Josie Desmarais/Métro Valérie Plante

Montréal veut réduire la stigmatisation et la discrimination entourant le sida et le VIH. La Ville juge ainsi nécessaire de s’attaquer à certaines injustices de la loi criminelle qui contribuent, entre autres, à marginaliser des communautés vulnérables.

L’administration de la mairesse Valérie Plante a présenté jeudi le plan d’action Montréal sans sida 2019-2020, à deux jours de la Journée mondiale du sida. Le document, qui comporte une trentaine de mesures, est produit en concertation avec la Direction régionale de santé publique et la Table des organismes communautaires montréalais de lutte contre le sida (TOMS).

À Montréal, 943 nouveaux diagnostics du VIH sont tombés de 2013 à 2017, selon les données du plan. L’an dernier, ce chiffre était de 204. «La moitié de ces cas viennent de personnes originaires de pays où le virus est encore endémique, a expliqué à Métro la directrice régionale de santé publique de Montréal, Mylène Drouin. On voit qu’à leur arrivée, il y a un délai de traitement, puisqu’ils ne connaissent pas le système. Il faut les informer pour s’assurer de couper la chaîne de transmission.»

Environ 10 000 personnes vivent avec le virus dans la métropole, estime la Direction de santé publique de Montréal. Au Québec, près de 15% des personnes vivant avec le virus ne seraient pas au courant de leur séropositivité.

«On réussit, avec ce plan, à aller au-delà de la perspective clinique et des enjeux médicaux liés au VIH. On vient vraiment toucher aux enjeux sociaux liés à la discrimination et aux conditions de vie des personnes vulnérables», a renchéri Mme Drouin. L’objectif est, dit-elle, de travailler sur les «causes systémiques» se cachant derrière la propagation du virus.

«Il est temps que les pratiques d’intervention s’adaptent pour améliorer les conditions de vie des plus vulnérables», a plaidé la mairesse Plante. «Notre administration est très active, mais elle ne peut pas y arriver seule», a-t-elle concédé, appelant à la mobilisation générale. Son administration a notamment l’intention de développer une stratégie municipale de réduction des méfaits liés à la dépendance aux drogues, afin de soutenir les autorités sanitaires.

D’ailleurs, l’enjeu du VIH n’est pas le même partout dans la province, dit Mylène Drouin. «Les réalités sont différentes, et je ne pense pas qu’on verra de telles mobilisations pour l’instant au Québec. Ceci dit, on est déjà en train de voir si ce plan-là peut englober toute la métropole, pour y inclure les gens de Laval ou de Longueuil», a-t-elle envisagé. Elle invite «toutes les régions du Québec» à emboîter le pas. Les villes de Toronto, de Vancouver et d’Ottawa seraient bientôt sur le point d’imiter Montréal.

En décembre 2017, Montréal devenait la première ville canadienne à s’engager à vaincre le VIH en signant la Déclaration de Paris. Cette dernière vise une éradication de la maladie d’ici 2030. Au niveau local, la Ville s’engage à atteindre l’objectif 90-90-90 en deux ans. D’ici 2020, elle vise à ce que 90% des personnes atteintes connaissent leur statut sérologique et à ce que 90% de ces dernières reçoivent des traitements de santé. Montréal souhaite aussi que 90% des patients aient une charge virale indétectable.

Mardi, le gouvernement français annonçait qu’il rembourserait l’achat de préservatifs dès le 10 décembre pour augmenter la prévention du VIH et des infections sexuellement transmissibles (ITS). Une idée que Montréal a l’intention de reproduire, en augmentant la distribution de condoms et de matériels de prévention dans des territoires peu desservis de la ville.

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