Charlotte Lopez/Journal Le Plateau Le terrain de baseball a été détruit pour des questions de sécurité publique, selon la Ville.

Des Montréalais ont lancé mercredi une campagne de financement pour poursuivre les démarches judiciaires initiées cet été contre la Ville de Montréal, qui a éliminé le terrain nord de balle-molle du parc Jeanne-Mance, malgré une promesse de l’administration de Valérie Plante.

«On veut démontrer que la Ville a fait une erreur, a expliqué à Métro l’une des porte-paroles de la communauté de balle-molle du parc Jeanne-Mance, Marie-Claude Lacerte. Elle a failli à ses engagements sans nous laisser le temps, sans consulter les citoyens, alors qu’on a fait des suivis avec l’administration à plusieurs reprises.»

En mai 2018, Montréal a «manqué à sa promesse» en fermant le terrain nord du parc Jeanne-Mance pour rénover des terrains de tennis à proximité. Mme Lacerte a déploré ce revirement de situation puisque l’année précédente, la Ville s’était engagée à réaménager l’espace prisé par les amateurs de balle-molle, dans une lettre signée par le maire du Plateau–Mont-Royal et élu responsable des grands parcs, Luc Ferrandez.

Un pourvoi en contrôle judiciaire de la décision de la Ville de raser le terrain, signé par six membres du regroupement, a été déposé en Cour supérieure en août dernier. Selon le groupe, le terrain nord est «un site historique, porteur d’un héritage culturel important, employé depuis plus de 100 par des Montréalais de toutes origines».

Les amateurs de balle-molle reprochent à la Ville de ne pas avoir obtenu le permis du ministère de la Culture, en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel pour effectuer des changements sur un site patrimonial.

«La Ville manque clairement de transparence. On a fait plusieurs demandes. On n’a jamais eu de retour. Donc, soit elle nous cache l’information, soit elle n’a aucun permis tout simplement.» -Marie-Claude Lacerte, porte-parole du regroupement

Les citoyens déplorent aussi que «l’opinion écrite» du Conseil du patrimoine de Montréal n’ait pas été demandée avant de prendre une décision définitive. Le groupe s’indigne également du fait que les arguments de la Ville pour détruire le terrain «soient des craintes mal fondées» en matière de sécurité et de responsabilité civile.

«La Ville était déjà au courant que le terrain était important. On avait fait une campagne de mobilisation imposante en 2017, a souligné Marie-Claude Lacerte. Cet été-là, on n’a manqué aucun conseil municipal, aucun conseil d’arrondissement. On a même fait des manifestations. La Ville le sait très bien, elle connaît nos enjeux.»

«On préférerait ne pas avoir à poursuivre la Ville», a-t-elle souligné. Mais le manque de transparence et l’attitude injustifiée de celle-ci oblige son groupe à aller de l’avant, aux dires de la porte-parole.

Une campagne symbolique
Au-delà des frais à couvrir pour payer les avocats et la procédure judiciaire, la campagne de financement a surtout pour but «d’aller chercher le soutien de la communauté», d’après la porte-parole. «Au parc Jeanne-Mance, les gens se connaissent vraiment. On vient de backgrounds différents, il y a des artistes, des étudiants, des entrepreneurs. On veut avoir leur support pour poursuivre les démarches.»

«Notre communauté donne une signification exceptionnelle à cet espace public depuis des décennies et nous pensons qu’il est important de se battre pour la restauration.» Marisa Berry-Méndez, joueuse de troisième but et membre du regroupement

D’ailleurs, la campagne a déjà reçu d’importantes donations, a avancé Marie-Claude Lacerte. Elle espère faire de la cause un combat communautaire symbolique pour la pratique des sports en général. «Le but de la campagne n’est pas tant d’influencer la Ville puisqu’elle n’a pas bougé, malgré plusieurs de nos sorties publiques. C’est surtout de se rassembler pour lutter.»

Joint par Métro, le cabinet de la mairesse a choisi de ne pas commenter la campagne de financement, ni le dossier «qui est présentement judiciarisé».

«On peut simplement rappeler que l’aménagement de ce terrain de balle avait préalablement été conçu pour les enfants alors qu’il était utilisé par des équipes adultes, le rendant non sécuritaire. L’espace disponible (superficie), ne permet pas la cohabitation de deux terrains de balle de niveau adulte», a indiqué le cabinet.

Une consultation publique du plan directeur du parc Jeanne-Mance est par ailleurs actuellement en cours, a rappelé la Ville. «Les citoyens, groupes et associations seront sollicités à l’automne 2018 pour poursuivre cette démarche en vue de l’adoption du plan directeur, en 2019», a-t-elle envisagé.

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