Paul Chiasson / La Presse Canadienne

MONTRÉAL – Le dévoilement de la preuve à l’enquête préliminaire de Richard Henry Bain, l’auteur présumé de l’attentat du Métropolis, est frappé d’une ordonnance provisoire de non-publication.

Cette décision a été rendue jeudi par le juge Pierre Labelle, en levée de rideau de l’enquête préliminaire.

Bien que Richard Bain ait droit à l’émission automatique d’un interdit de publication s’il en fait la demande, c’est plutôt la Couronne qui a déposé une telle motion, disant vouloir protéger le droit de l’accusé, qui se représente lui-même, à un procès juste et équitable.

Richard Bain s’y est cependant vigoureusement opposé, une objection qu’il n’a pas eu à défendre puisque deux avocats représentant différents médias ont également argué contre un interdit de publication.

Le juge Labelle s’est toutefois dit incapable de trancher la question ce jeudi. Il a donc émis une ordonnance provisoire sur les audiences de ce jeudi et sur celles du lendemain en attendant que sa décision finale soit rendue, le vendredi 10 mai prochain.

Richard Bain a de nouveau cherché à faire dévier le débat sur des questions politiques et à condamner le gouvernement de Pauline Marois, qu’il accuse d’être raciste, mais s’est aussitôt heurté à la résistance ferme du juge Labelle.

Lorsque l’accusé a qualifié sa cause de politique, le juge lui a rappelé d’un ton tranchant qu’il était accusé de meurtre et de tentative de meurtre. Il lui a aussi fait comprendre qu’il ne lui permettrait pas de se servir du tribunal comme d’une tribune politique.

Après avoir intimé à Richard Bain de ne plus l’interrompre, le juge Labelle l’a aussi averti que s’il perturbait les procédures, il le ferait expulser et que les travaux se poursuivraient sans lui.

La procureure de la Couronne, Éliane Perreault, a dit s’attendre à ce que deux semaines soient requises pour l’enquête préliminaire. Elle prévoit appeler 33 témoins à la barre.

Richard Henry Bain fait face à 16 chefs d’accusation, dont meurtre prémédité et tentative de meurtre. Denis Blanchette a été mortellement atteint par balles alors que son collègue Dave Courage a été grièvement blessé.

L’attentat a été commis le 4 septembre au soir alors que la première ministre nouvellement élue du Québec, Pauline Marois, s’adressait à ses partisans réunis au Métropolis.

L’enquête préliminaire a finalement pu s’amorcer avec l’audition de deux témoins, deux techniciens en scène de crime.

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